Date originale de publication : 13 avril 2021
Mis à jour le 17 août 2021
Les lignes sont tracées entre ceux qui soutiennent et s’opposent à une version du passeport vaccinal. À l’Association canadienne des libertés civiles, nous avons allumé des feux jaunes à toute tentative d’un gouvernement canadien d’imposer la divulgation publique d’informations privées sur les soins de santé. Mais cela ne signifie pas que nous nous opposons simplement à la mesure sans débat. Au contraire, nous avons pour mission d’éduquer le public sur leurs droits et libertés et sur l’équilibre nécessaire entre liberté et bien public, en plus de défendre contre les lois inconstitutionnelles. Lorsque des gens raisonnables peuvent être en désaccord sur le « bien public » clair en question, un débat houleux est inévitable. Lorsqu’il se produit après une année de sacrifices, d’isolement, de détresse économique pour certains et de privilèges relatifs pour d’autres, cela peut devenir laid. Mais tout bon débat nécessite un fondement factuel, et il est devenu de plus en plus évident, à mesure que les discussions sur la preuve de vaccination (appelées familièrement passeports vaccinaux) se poursuivent, que les faits se font rares. Dans cet esprit, la CCLA propose la FAQ suivante.
Amenez le passeport vaccinal, dit un camp
Ceux qui sont favorables à l’obligation des passeports vaccinaux affirment que tout ce qui peut être fait pour potentiellement réduire COVID19 infection devrait être fait. Si nous portons des masques pour protéger les autres, pourquoi ne serions-nous pas prêts à démontrer notre statut vaccinal de la même manière? Cela a été une année d’ordres juridiques extraordinaires pour contrôler et surveiller le comportement humain, allant des applications de traçage des contacts, aux points de rassemblement de la cartographie thermique, aux lignes d’indication pour le signalement « covidiot » et à une large gamme de recommandations et de restrictions légales sur les activités. Certains de ces points ont sans doute été nécessaires et proportionnés, d’autres moins, et un désaccord subsiste sur lequel est qui. Les partisans du passeport vaccinal fondent leur soutien sur le fait que les personnes entièrement vaccinées ont moins de chances d’être hospitalisées même si elles sont infectées, ce qui rend les grands rassemblements moins dangereux pour la santé publique.
Les passeports vaccinaux pourraient faire plus de mal que de bien, affirme un autre
Ceux qui s’opposent aux passeports vaccinaux soulignent que la preuve de vaccination ne signifie pas immunité, et ils mettent en garde contre la discrimination et l’atteinte à la vie privée. Les passeports proposés ont pour objectif explicite de prendre des décisions privées concernant notre santé publique. Tout comme certaines communautés et groupes de personnes — noirs, autochtones, nouveaux arrivants, pauvres, aînés — ont été touchés de manière disproportionnée par le virus, ils peuvent aussi être particulièrement touchés par cette version très publique et dispersée de la surveillance, car le racisme systémique peut influencer les choix des fournisseurs de services et d’autres personnes quant à qui exiger des « preuves » et à qui refuser l’accès, particulièrement en l’absence d’un régime juridique strict régissant leur utilisation. Pour ceux qui ont des motifs médicaux ou religieux pour ne pas pouvoir se faire vacciner, les risques de discrimination liés à qui ou ce qu’ils sont soulèvent des préoccupations évidentes et significatives concernant les droits. Pour ceux qui sont du côté « non » du débat, les passeports vaccinaux comportent des risques d’accessibilité et d’égalité.
Quelle est la position de la CCLA?
Les gouvernements qui choisissent d’implanter des certificats de preuve de vaccination actuellement au Manitoba et au Québec) doivent envisager et mettre en place des mécanismes de responsabilité juridiques et réglementaires afin d’assurer des accommodements significatifs pour les personnes médicalement incapables d’être vaccinées ou d’autres motifs couverts par le code des droits de la personne pertinent. La mise en œuvre doit protéger la vie privée, être sécuritaire, à but unique (santé publique seulement) et ne se faire qu’après que chaque résident ait eu un accès équitable et significatif aux occasions de vaccination dans le quartier où il habite ou travaille, et qu’il ait accès à l’éducation ou à l’information sur les vaccins, s’il le souhaite, dans le langage qu’il comprend. Les systèmes ne devraient pas être uniquement numériques, ce qui augmenterait les inégalités. Tout outil numérique devrait être décentralisé et open source, et ne pas faciliter le suivi individuel. L’utilisation de tels outils devrait être limitée dans le temps et leurs impacts devraient faire l’objet d’évaluations itératives et accessibles au public par la révision des droits humains.
Qu’est-ce qu’un passeport vaccinal?
Une certification de vaccination prouve que vous avez été immunisé contre une infection contagieuse. C’est quelque chose que vous transportez, sous forme papier ou numérique, et que vous pourriez être tenu de montrer aux personnes autorisées sur demande afin d’accéder à un service ou d’entrer dans un lieu.
Bien que les termes soient parfois utilisés de manière interchangeable, un passeport vaccinal est similaire mais légèrement différent d’un « passeport d’immunité » qui inclurait des informations sur les infections passées à la COVID-19, selon la théorie que ceux qui ont été infectés et se sont rétablis ont une certaine immunité contre la réinfection.
Quel est le précédent?
Il existe quelques précédents « presque similaires » qui s’appliquent à certains contextes. La plus souvent citée est la carte jaune créée par l’Organisation mondiale de la santé que les voyageurs doivent porter et présenter en entrant dans certains pays pour démontrer qu’ils ont été vaccinés contre la fièvre jaune. Actuellement, la fièvre jaune est la seule maladie spécifiquement traitée dans le Règlement sanitaire international (voir Annexe 7). Le Canada est signataire, tout comme 195 autres pays.
Il existe certaines provinces canadiennes (Ontario, Nouveau-Brunswick et C.-B.) où les écoles exigent une preuve de vaccination pour les enfants contre des maladies contagieuses ou dangereuses, notamment la rougeole, les oreillons, la rubéole (le vaccin RRO) ainsi que la diphtérie, le tétanos et la coqueluche (le vaccin DTaP). Dans tous les cas, il existe des options pour que les parents choisissent de ne pas fournir de telles preuves en raison de motifs religieux ou d’objections de conscience.
Aucun de ces deux n’est tout à fait la même chose qu’un passeport vaccinal tel qu’il est actuellement proposé, dans la mesure où un tel passeport serait ostensiblement exigé dans un large éventail de contextes, où les risques et bénéfices varient, et soumis à une interprétation non pas par des acteurs institutionnels réglementés (une agence frontalière, un conseil scolaire), mais par un large éventail d’acteurs du secteur privé et public (tout le monde, d’un commerçant à un preneur de billets de concert en passant par un chauffeur de taxi ou un exploitant de transport en commun, potentiellement). En d’autres termes, l’intervention ne serait pas ciblée, spécifique et auditable, mais omniprésente, variable et diffuse.
Pourquoi exiger un passeport vaccinal?
Premièrement, il est important de noter qu’il existe une différence entre une preuve nationale de vaccination pour faciliter les voyages internationaux, et un passeport intérieur pour accéder à des services récréatifs ou essentiels dans notre vie quotidienne.
Sur le plan international, la preuve de vaccination sera probablement une exigence basée sur un consensus mondial, et le gouvernement fédéral s’engage dans les efforts internationaux pour s’assurer que les Canadiens puissent obtenir une certification conforme à la norme internationale qui émergera. Ils ont annoncé leur intention de créer une telle certification en août 2021 , bien qu’il ne soit pas clair quand elle sera disponible.
L’argument en faveur d’un document national est qu’il facilitera un retour plus rapide et plus sécuritaire à un mode de vie d’avant la COVID en fournissant un moyen d’identifier les personnes comme « sécuritaires » pour participer à la vie publique, soit en raison d’une infection passée ou d’une vaccination qui leur a donné des anticorps contre la COVID-19. Les usages suggérés vont de la reprise des voyages interprovinciaux sans nécessiter de quarantaines ou de protocoles de dépistage avant ou après l’arrivée, à la réouverture de grands rassemblements comme des événements sportifs ou des concerts, jusqu’à la participation à la vie quotidienne, y compris la visite d’un restaurant, d’un cinéma, d’un gym ou d’un magasin. La présomption implicite est que les gens hésiteront à reprendre pleinement le niveau d’activité d’avant la pandémie sans une certaine assurance quant à la sécurité, et une telle hésitation freinera la reprise économique à moins qu’il n’existe un outil pour atténuer le risque perçu. L’hypothèse correspondante est que savoir que les autres autour de nous ont été vaccinés contribuera de manière significative à notre propre sentiment de sécurité.
Quels sont les inconvénients d’un passeport vaccinal?
Il existe plusieurs raisons pour lesquelles le concept de passeport vaccinal soulève des risques pour les droits et libertés qui nécessitent une réflexion attentive, notamment :
Vie privée : permettre à des entités privées de recueillir et d’utiliser des renseignements personnels de santé à notre sujet est intrusif. Lier la capacité de participer à la vie publique à une forme de surveillance omniprésente ou persistante (« montrez-nous la preuve que vous avez fait un choix socialement acceptable concernant votre santé ») diminue le niveau de liberté que nous attendons d’une démocratie qui doit être soigneusement examiné pour la proportionnalité dans le contexte de la pandémie. Si le passeport est numérique ou possède une version numérique, des questions supplémentaires de confidentialité technique, de sécurité et d’accès se posent.
Mobilité : Les Canadiens ont subi des restrictions sans précédent pour se déplacer à l’intérieur du Canada, d’une province à l’autre, pendant la pandémie. Un patchwork provincial ou territorial de jetons ou d’applications de vaccination aggraverait le problème.
Égalité : le choix d’être vacciné n’est pas accessible à tous. Il y a des personnes ayant des conditions médicales préexistantes ou des handicaps où la vaccination serait contre-indiquée, et il n’est pas clair combien de personnes cela affecte, car les vaccins ont généralement (ou principalement) été testés pour une autorisation d’urgence chez des adultes en bonne santé. Les personnes vivant avec une maladie persistante ou un handicap font partie de celles qui ont le plus besoin de protections en matière de droits humains pour assurer un traitement égal. Même si le passeport indique simplement « médicalement exempté », cette catégorisation peut influencer la façon dont les individus sont traités (même si un tel traitement différencié est techniquement interdit). Il y a aussi d’autres préoccupations liées à l’égalité. Tous les membres de notre société ne sont pas à un risque égal ni n’ont les mêmes moyens de naviguer pendant la pandémie tout en préservant leur santé, leur sécurité et leurs revenus. Les travailleurs de première ligne dans les services et le commerce de détail sont souvent des femmes, des nouveaux arrivants, racialisés et/ou financièrement précaires, et un régime de passeport vaccinal qui repose sur la participation au travail ou à d’autres activités à la preuve de vaccination aura un impact disproportionné sur les individus qui ont peu de pouvoir social ou politique pour résister. Trier socialement les gens selon des décisions personnelles concernant leur santé, qu’elles ont le droit légal de prendre, risque de créer différents niveaux de liberté pour différentes « catégories » de personnes, un risque qui risque de croiser d’autres inégalités systémiques et d’affecter certains groupes plus que d’autres.
Liberté : les politiques qui facilitent le statut vaccinal comme condition préalable à une pleine participation à la vie publique risquent de rendre un régime vaccinal volontaire de facto obligatoire. Bien que l’opinion publique penche vers la position que de telles actions peuvent être raisonnables en pleine pandémie, ces politiques doivent être rationnellement liées à un bénéfice public démontrable, responsables et conformes aux droits.
Quelles sont les initiatives actuelles pour une version numérique d’un passeport vaccinal, et quels seraient les avantages et les risques de rendre un passeport vaccinal numérique?
Il existe déjà plusieurs initiatives en cours pour créer une forme de passeport vaccinal, soit en s’appuyant sur des outils existants, soit en repartant de zéro. La ministre canadienne de la Santé, Patty Hajdu, a rencontré les ministres de la Santé des autres pays du G7 le 31 mars 2021 pour discuter de la possibilité d’une approche coordonnée concernant les passeports vaccinaux, tout en insistant sur le fait que le Canada ne considérerait l’utilisation d’un tel outil que s’il repose sur des « preuves scientifiques fiables » et en soulignant que la décision de délivrer un tel passeport serait prise par les provinces et territoires.
À l’international, l’OMS travaille sur un certificat de vaccination intelligente, réunissant un consortium d’experts pour se concentrer sur des spécifications, des normes et un cadre de confiance neutres en matière de logiciels. Plutôt que de créer une application, ils examineront les applications créées par d’autres et établiront une liste de celles qui respectent leurs normes de sécurité, d’authentification, de confidentialité et d’échange de données.
L’IATA (Association internationale de la circulation aérienne) travaille sur une initiative de laissez-passer de voyage, une plateforme numérique qu’ils présentent comme « une solution mondiale et standardisée pour valider et authentifier toutes les réglementations nationales concernant les exigences liées aux passagers liés à la COVID-19. »
L’Union européenne a proposé un « Certificat vert numérique » à utiliser en Europe. Israël a également utilisé un « Green Pass » pendant un certain temps pour permettre l’accès aux gymnases, hôtels et se déplacer vers des endroits limités.
Les risques liés à la transformation numérique d’un passeport vaccinal sont similaires à ceux de tout outil numérique qui collecte et partage des informations personnelles sensibles avec des conséquences potentielles sur les personnes. Toutes les préoccupations liées à la vie privée et aux autres droits mentionnées ci-dessus continuent de s’appliquer, que le passeport soit papier, plastique ou numérique, mais passer au numérique ajoute de la complexité aux préoccupations en raison du risque de collecte, de combinaison et de violation de données.
Les préoccupations vont de l’assurance des protections techniques appropriées en matière de vie privée. Les questions sont multiples : quelles données sont collectées et utilisées? D’où ça vient? Où résident les données – sur votre appareil ou sur un serveur central? Comment est-ce transféré à un demandeur? Authentifié? Mise à jour? Sécurisé? Est-ce utilisé simplement pour afficher une accréditation (un peu comme afficher un certificat papier ou une carte d’identité) ou scanné et enregistré, et le scan se connecte-t-il à un identifiant personnel accessible au demandeur? Le bon cadre de gouvernance des données influencera aussi le fonctionnement de l’outil dans le monde : la certification est-elle liée à un identifiant numérique central? Cet identifiant – comme un numéro de carte de santé – est-il partagé ou gardé privé après avoir été utilisé pour authentifier l’utilisateur et le statut de vaccination? Comment cela est-il authentifié? Qui certifie l’authentification pour les demandeurs externes? Quels types de liaisons de données sont créées et quelles liaisons sont rendues possibles qui pourraient être indésirables? Y aura-t-il des scores de risque ou une analyse pilotée par l’IA dans un système? Il y en a d’autres, mais c’est suffisant pour appuyer le message. Est-ce que ce sont les gouvernements, un fournisseur du secteur privé ou une collaboration qui crée l’outil, et lesquels de ces parties prenantes ont accès aux données collectées sur l’application? En même temps, même si passer au numérique augmente la mise en termes de complexité, cela peut tout de même être souhaitable pour certains utilisateurs en raison de la commodité et de la flexibilité. Par exemple, il serait probablement capable d’être mis à jour rapidement et relativement facilement, ou de servir d’autres objectifs de santé publique, comme rappeler aux gens quand ils doivent recevoir un rappel.
Quelle serait la base légale pour exiger l’utilisation d’un passeport vaccinal?
La base juridique varie d’une juridiction à l’autre, puisque certaines provinces ou territoires préparent le terrain juridique pour ces documents tandis que d’autres les rejettent. Un mandat exigeant qu’une personne présente un passeport vaccinal pourrait être créé de manière similaire aux exigences de port du masque adoptées dans plusieurs provinces ou territoires. En Ontario, par exemple, nous avons un règlement (546/20) en vertu de la Loi sur la réouverture de l’Ontario (Une réponse flexible à la COVID-19), 2020 , qui impose le port du masque à l’intérieur. Toute législation devrait bien sûr être constitutionnelle, ce qui est une exigence assez élevée et fondamentale.
À l’échelle internationale, pour les voyages internationaux, le Comité d’examen sur le fonctionnement du Règlement sanitaire international (2005) Pendant la réponse à la COVID-19 pourrait formuler des recommandations sur la manière de documenter le statut de voyageur sécuritaire, ce qui pourrait éventuellement entraîner la modification du RSI, ce qui, finalement, s’il est adopté, affecterait les 196 pays signataires.
Il devient évident, bien que peu souhaitable, que des usages non réglementés des outils de passeport vaccinal apparaissent dans des lieux comme les lieux de travail, les salles de concert, les arénas sportives ou d’autres lieux où il existe une incitation privée à vérifier la sécurité ou, du moins, à être perçue comme essayant de le faire. Dans de tels cas, la légalité exigerait un examen attentif dans des juridictions spécifiques et une attention particulière à une gamme de lois pertinentes, y compris, mais sans s’y limiter, les lois sur la vie privée, les lois sur la santé et la sécurité, les lois du travail et la législation sur les droits humains.
La CCLA se voit souvent poser des questions précises sur la légalité de certaines actions prises par des organisations ou des entreprises. Par exemple :
Mon employeur peut-il m’obliger à me faire vacciner si je veux garder mon emploi? Qu’en est-il des universités qui imposent la vaccination à mon enfant?
Comme il s’agit d’une question juridique nouvelle, il est difficile de fournir une réponse générale à votre question. Si vous avez des questions concernant votre situation d’emploi spécifique, veuillez consulter un avocat ou la commission provinciale des droits de la personne. Une liste de ressources juridiques pro bono au Canada par province est disponible auprès de l’Association du Barreau canadien, qui offre aussi un outil pour vous aider à trouver un avocat dans votre province ou territoire.
Les restaurants, gyms et salons peuvent-ils n’autoriser l’entrée qu’aux personnes entièrement vaccinées?
Comme il s’agit d’une question juridique nouvelle, il est difficile de fournir une réponse générale à votre question. Les entreprises sont régies à la fois par la législation sur les droits humains (qui interdit la discrimination fondée sur certains fonds) et par la législation sur la vie privée, qui limite les renseignements personnels qu’elles peuvent collecter. Une liste des ressources juridiques par province est disponible ici. Pour obtenir des conseils juridiques concernant un refus spécifique de service, veuillez contacter votre commission locale des droits de la personne.
Que se passe-t-il au Canada?
La situation change constamment, mais au 17 août 2021, les plans pour les provinces et territoires canadiens qui ont fait des annonces officielles sont les suivants :
Le Manitoba délivre des cartes de preuve d’immunisation aux personnes entièrement vaccinées. Les ordonnances sanitaires qui précisent les usages de cette carte, y compris l’élimination des exigences de quarantaine après un voyage hors province, sont disponibles sur le site web de la province , ici.
Le Québec prévoit d’autoriser leur certification vaccinale basée sur le code QR afin de limiter l’accès à certains types d’entreprises et d’événements s’ils subissent une quatrième vague.
L’Alberta, la Saskatchewan et l’Ontario ont annoncé qu’ils ne créeront pas de régime provincial de passeport vaccinal.
Le gouvernement fédéral a annoncé des plans pour un système national de preuve de vaccination pour les voyages internationaux le 11 août 2021.
Que disent les commissaires à la vie privée du Canada?
Dans une déclaration conjointe des commissaires fédéraux, provinciaux et territoriaux à la vie privée, publiée le 21 mai 2020. Ils insistent sur le fait que, compte tenu des risques sérieux pour la vie privée, toute initiative de passeport vaccinal doit être nécessaire et fondée sur des preuves, susceptible d’être efficace, avec des risques proportionnels aux bénéfices. Il doit également y avoir une autorité légale claire, un consentement et une confiance, des garanties et une surveillance indépendante, ainsi que des limites de temps et de portée.
Combien de personnes sont actuellement vaccinées au Canada?
Les données de juin 2021 suggèrent que 88% des Canadiens souhaitent se faire vacciner, 9% disent simplement non, et 3% sont indécis. C’est un excellent taux. Au 17 août, près de 83% des personnes admissibles de 12+ ans avaient reçu une première dose, et 73% en avaient reçu deux.
Il est important de se concentrer sur l’identification et l’élimination des obstacles qui créent l’écart de 8% entre ceux qui disent vouloir le vaccin et ceux qui ont reçu au moins une dose. Est-ce que les gens ont besoin d’un transport vers une clinique ou de visites à domicile? Ont-ils besoin d’heures payées pour recevoir le vaccin, ou du soutien social pour prendre un jour de maladie s’ils ont des effets secondaires sans risquer de perdre leur salaire ou leur emploi? Est-ce un membre d’une population qui a subi un racisme systémique de la part du système de santé, et quels types d’interventions pourraient favoriser la confiance dans cette situation? Si ce sont les types d’obstacles qui existent pour la proportion relativement faible de la population médicalement apte et disposée à se faire vacciner mais qui n’a pas encore été vaccinée, il sera important de s’assurer qu’un plan de passeport vaccinal n’aggrave pas les problèmes.
Qu’est-ce qui s’en vient ensuite?
Les gouvernements du monde entier envisagent ou mettent en œuvre des passeports de vaccination, et la science qui soutient leur utilisation (ou non) évolue. L’idée que le Canada puisse exiger une preuve d’état de santé pour accéder aux services publics ou privés au pays est en fait radicale. Radical ne signifie pas mauvais ou bon, mais cela signifie qu’il faut sérieusement réfléchir sur les bases éthiques, morales, sociales, sanitaires et juridiques avant d’aller de l’avant. On ne devrait pas avoir un moment de « bien sûr » à propos de ce genre d’intervention. Et il est facile de passer à côté de ce fait, car nous avons dû faire face à tellement de restrictions, en une période de peur et d’incertitude, que nous nous sommes lentement acculturés à l’idée que la fin justifie les moyens face à la pandémie. Parfois, oui. Parfois, non. Nous devons sortir de nos propres peurs, exiger que les dirigeants gouvernementaux s’éclipsent de la leur, et soumettre chaque intervention, passeports vaccinaux inclus, à une analyse rigoureuse fondée sur la science, la nécessité et la proportionnalité. Dans ce contexte, comme pour chaque décision politique et intervention technique que nous prenons pour faciliter la sécurité publique pendant cette pandémie, nous devons encore réfléchir, dès le départ, à ce que nous voulons que notre pays devienne aujourd’hui et à l’avenir.
Que fait la CCLA?
Nous écrivons aux gouvernements (notre première lettre date d’avril 2020) pour avertir des risques pour les droits si le Canada emprunte la voie du passeport vaccinal. Nos communications les plus récentes ont été envoyées au gouvernement du Manitoba. Consultez nos mises à jour en direct sur la COVID pour toutes nos communications passées et récentes concernant les passeports vaccinaux.
Nous nous exprimons dans la presse et les médias. Voici quelques exemples.
De la part de notre directeur exécutif, Michael Bryant :
- Passeports vaccinaux sur CP24 (vidéo)
- L’agenda avec Steve Paiken : Avons-nous besoin de passeports vaccinaux? (vidéo)
Nous surveillons les intentions dans chaque province et réfléchissons à l’endroit et à la manière dont les politiques ou autres types d’interventions pourraient avoir un impact.
Dernières notes et mises à jour sur les passeports vaccinaux

CCLA au ministre : Choisir de ne pas être vacciné ne devrait pas vous priver de l’assurance-emploi

Peur, dégoût et la loi : repousser les limites de la législation sur le « bon » comportement

FAQ : Passeports vaccinaux

Réaction aux « avantages » du nouveau passeport vaccinal

Lettre au Manitoba concernant les passeports vaccinaux

La CCLA débat des passeports vaccinaux sur TVO.org : notre lettre qui a déclenché le débat

Preuve de vaccination




