TORONTO, 15 avril 2025 – L’Association canadienne des libertés civiles (CCLA) comparaîtra devant la Cour suprême du Canada pour défendre le droit constitutionnel des citoyens canadiens et des résidents permanents de circuler librement entre les provinces.
Cette affaire découle des restrictions de voyage sans précédent liées à la COVID-19 en 2020, qui ont interdit aux Canadiens de traverser les frontières provinciales pour la première fois dans l’histoire. La CCLA soutiendra que, même en période de crise de santé publique, les gouvernements doivent justifier toute atteinte aux droits protégés par la Charte, garantissant que ces mesures soient raisonnables et l’option la moins restrictive.
En mai 2020, Terre-Neuve-et-Labrador (NL) a imposé une interdiction de voyage radicale pendant la pandémie, n’autorisant l’entrée qu’aux résidents, travailleurs asymptomatiques et à ceux ayant reçu une permission spéciale. À la suite de cette interdiction de voyager, Kim Taylor, citoyenne canadienne née et élevée aux Pays-Bas mais résidant en Nouvelle-Écosse, s’est d’abord vu refuser l’entrée aux Pays-Bas pour faire son deuil avec sa famille et assister aux funérailles de sa mère.
La CCLA et Taylor contestent la constitutionnalité de l’interdiction de voyager au motif qu’elle porte atteinte aux droits de mobilité des Canadiens et des résidents permanents, protégés par l’article 6 de la Charte canadienne des droits et libertés. CCLA et Taylor soutiennent que cette interdiction était déraisonnable et injustifiable face à des alternatives moins contrefaisantes.
Bien qu’un juge ait statué en 2020 que la restriction de voyage violait les droits garantis par la Charte, cette violation a été jugée raisonnable dans le contexte de la pandémie. La Cour d’appel des Pays-Bas a rejeté l’appel en 2023, affirmant que la question était sans objet puisque l’interdiction de voyager avait été levée. La Cour suprême a accordé l’autorisation d’appel en avril 2024.
« Une crise de santé publique n’est pas une baguette magique qui peut justifier un choix politique. Les temps de crise sont précisément ceux où les libertés civiles et les libertés fondamentales qui définissent notre société sont le plus menacées. Les tribunaux doivent remplir leur rôle crucial de gardiens des droits constitutionnels des peuples », a déclaré Anaïs Bussières McNicoll, directrice du programme des libertés fondamentales à la CCLA.
« Malgré l’existence d’alternatives moins contrefaisantes, Terre-Neuve-et-Labrador a choisi d’adopter une large interdiction de voyager interprovinciale qui a causé des souffrances inutiles en limitant sévèrement les droits de mobilité des citoyens canadiens et des résidents permanents. »
« Nous demandons à la Cour suprême du Canada d’affirmer que les citoyens et résidents canadiens ont un droit constitutionnel à la mobilité interprovinciale – un droit qui assure l’unité du Canada en tant que nation. Nous demandons également à la Cour de conclure que l’interdiction large de voyager à Terre-Neuve-et-Labrador était inconstitutionnelle », a conclu McNicoll.
La CCLA est immensément reconnaissante pour les services juridiques pro bono exceptionnels de Paul Pape, Shantona Chaudhury et Mitchell McGowan de Pape Chaudhury LLP dans cette affaire.
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
Pour les médias
Pour plus de commentaires, veuillez nous contacter à media@ccla.org.
Pour des mises à jour en direct
Veuillez continuer à consulter cette page et nos plateformes de médias sociaux. Nous sommes sur Instagram, Facebook, Twitter et Blue Sky.



