« La décision du gouvernement de l’Alberta d’invoquer la clause dérogatoire ordonnant aux enseignants de reprendre le travail marque un moment profondément troublant pour notre démocratie », a déclaré Howard Sapers, directeur général de l’Association canadienne des libertés civiles. « Si l’Alberta peut utiliser la clause dérogatoire maintenant sans conséquence, elle n’hésitera pas à le refaire — et d’autres gouvernements aussi. »

La nouvelle législation constitue une attaque flagrante contre les droits des travailleurs qui interdit aux enseignants de faire toute grève ou action de travail pendant la durée de la convention collective imposée. Elle suspend également les négociations locales formelles entre les conseils scolaires et les syndicats, et interdit les lock-outs des enseignants pendant toute la durée de l’accord. Les enseignants qui continuent de faire grève pourraient faire face à des amendes allant jusqu’à 5 000 $ par jour, tandis que les syndicats pourraient être sanctionnés jusqu’à 500 000 $ par jour.

« Invoquer l’extraordinaire dérogation à la clause dérogatoire pour étouffer une grève légale et imposer un contrat constitue une attaque directe contre le droit protégé par la Charte des enseignants à la liberté d’association », a déclaré Anaïs Bussières McNicoll, directrice du programme des libertés fondamentales de la CCLA.

« On a déjà vu ça », ajouta McNaccett. « En 2022, l’Ontario a tenté la même approche avec le projet de loi 28, tentant de forcer les travailleurs de l’éducation à retourner au travail. Et ils ont échoué – le gouvernement de l’Ontario a finalement été forcé de reculer après une résistance écrasante de la part du mouvement syndical et du public. L’Alberta devrait tirer des leçons de cette leçon — les droits et libertés fondamentaux ne peuvent pas simplement être abolis par la légifération. »

« Chaque nouvelle utilisation de la clause dérogatoire normalise un abus de pouvoir qui affaiblit la démocratie canadienne », a ajouté Sapers. « Lorsque les gouvernements utilisent la clause dérogatoire pour éviter la responsabilité et faire taire l’opposition, ils ne ciblent pas seulement les travailleurs — ils menacent les droits de tous au Canada. »

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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