27 octobre 2020

Mme Suzanne Gilbert
Vice-présidente de la Division
de l’appel de l’immigration, Minto Place, Canada, édifice
344, rue Slater, 12e étage
Ottawa, Ontario K1A 0K1
Par courriel

Chère Mme Gilbert,

À propos du principe de la cour ouverte et de l’importance de l’accès public aux audiences de la Commission des enquêtes

Nous écrivons au nom de l’Association canadienne des libertés civiles (CCLA) pour exprimer notre inquiétude quant à l’accessibilité des audiences de la Commission de l’immigration et des réfugiés (« IRB ») pour le public. Plus précisément, il nous est apparu que des étudiants ont rencontré des difficultés en tentant d’observer des audiences de la Division d’appel de l’immigration (« RAD ») à Toronto, en violation de l’article 166(a) de la Loi sur la protection des réfugiés, SC 2001, c 27 (« IRPA »). Comme vous le savez, l’article 166(a) exige que les procédures se tiennent publiquement.

Nous sommes conscients que la COVID-19 a posé des défis particuliers aux tribunaux et que la présence en personne des audiences par le public pourrait ne pas être envisageable. Néanmoins, votre obligation légale continue de s’appliquer. Une solution doit être élaborée, et des solutions ont été élaborées par les tribunaux et les tribunaux du monde entier. Nous exhortons le CRI à élaborer une solution dans toutes les régions afin de s’assurer que le public puisse assister aux audiences à distance et que l’esprit du principe de la cour ouverte soit respecté.

Comme l’a déclaré l’ancienne juge en chef Beverley McLachlin, le principe de la cour ouverte est un élément fondamental du droit canadien, qui aide à la recherche de la vérité, améliore la reddition de comptes judiciaire et préserve la confiance du public dans le système judiciaire.1 Les concepts de responsabilité et de confiance publique sont particulièrement importants dans le contexte des audiences en matière d’immigration, où la partie qui comparaît devant le tribunal peut être vulnérable et où les enjeux sont particulièrement élevés.

Les tribunaux ont souligné à plusieurs reprises l’importance du principe de la cour ouverte, notant qu’il est lié aux droits garantis par l’article 2b) de la Charte canadienne des droits et libertés et que sa composante éducative permet aux membres de la communauté de comprendre le fonctionnement des tribunaux.2 Sans accès aux audiences, comment le public peut-il comprendre le processus utilisé pour prendre des décisions qui pourraient changer la vie de la partie qui comparaît devant le tribunal, Leur famille et leur communauté? Le fait que l’IRPA exige des audiences publiques dans certaines circonstances souligne son importance.

De nombreux autres tribunaux et juridictions, y compris l’IAD de l’Ouest, facilitent l’accès à distance aux audiences par vidéoconférence. Nous comprenons que les étudiants peuvent contacter l’IAD de l’Ouest par téléphone pour obtenir des informations d’accès à distance afin d’observer les audiences à distance. Cela s’aligne avec la note de politique sur le site web de l’IRB, qui indique que l’utilisation de la vidéoconférence améliore l’accès aux audiences pour le public et les médias.3

Cependant, lorsqu’une enquête a été portée auprès de l’IAD central concernant la possibilité d’observer des audiences, il a été suggéré que l’accès à distance aux étudiants serait compliqué, et que les membres de l’IRB prêts à faire observer les étudiants pourraient contacter directement les étudiants. Ce processus fait essentiellement de l’accès public l’exception plutôt que la règle. Cela va à l’encontre à la fois de l’IRPA et du principe de la cour ouverte, qui exige une raison impérieuse pour refuser l’accès au public. L’accès du public ne devrait pas être soumis à la discrétion des membres individuels de l’IRB.

L’accès public aux audiences à la DAI centrale est un droit statutaire et constitutionnel. Limiter ce droit est déraisonnable, surtout lorsque l’IAD de l’Ouest peut faciliter l’accès public par vidéoconférence. Des restrictions de santé publique sont imposées depuis plus de sept mois et il est peu probable qu’elles soient levées dans un avenir proche, ce qui rend impératif que cette question soit traitée sans délai. Nous vous exhortons à exiger que toutes les régions de l’IAD respectent le principe de la cour ouverte en veillant à ce que le public puisse accéder aux audiences.

Cordialement,

Cara Zwibel, Directrice, Programme
des libertés fondamentales Julia Sande, stagiaire

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

Pour les médias

Pour plus de commentaires, veuillez nous contacter à media@ccla.org.

Pour des mises à jour en direct

Veuillez continuer à consulter cette page et nos plateformes de médias sociaux. Nous sommes sur Instagram, Facebook, Twitter et Blue Sky.

DONATE
This site is registered on wpml.org as a development site. Switch to a production site key to remove this banner.