Un nouveau rapport international formule des recommandations sur la manière dont les droits de manifestation peuvent être protégés et promus par les gouvernements.

(27 juin 2018 — Genève, Suisse) Le Réseau international des organisations pour les libertés civiles (INCLO) et la Clinique internationale des droits humains de la faculté de droit de l’Université de Chicago (IHRC) ont publié aujourd’hui un rapport qui fournit des conseils pratiques sur la manière dont les forces de l’ordre peuvent protéger les droits humains lors de la surveillance des manifestations.

Défendre la dissidence : Vers les pratiques étatiques qui protègent et promeuvent le droit de protester vise à combler le fossé entre principes et pratiques. Il offre des exemples concrets et des analyses des lois existantes, des mécanismes et processus institutionnels, ainsi que des tactiques de déploiement qui visent à promouvoir ou, dans certains cas, à saper les manifestations et les assemblées publiques. Le rapport s’appuie sur des entrevues avec des experts policiers dans huit pays, ainsi que sur l’expertise des organisations membres de l’INCLO engagées dans le plaidoyer des droits humains et de la police.

La publication met en lumière des principes, tactiques et stratégies généraux à travers des études de cas d’approches policières réussies (et moins réussies) recueillies auprès de pays du monde entier.

Le rapport et ses recommandations sont organisés autour de trois thèmes : les mesures préventives et la conception institutionnelle, les tactiques et l’usage de la force, ainsi que la responsabilité et la surveillance. Dans ces thèmes, le rapport identifie 12 principes fondamentaux et 33 bonnes pratiques essentielles à leur réalisation.

Le rapport offre aux autorités une boîte à outils pour évaluer leurs politiques, pratiques et mécanismes institutionnels existants. Il propose une discussion détaillée sur la mise en œuvre des principes juridiques et signale les défis potentiels qui peuvent être rencontrés dans ce processus.

Les protestations et les rassemblements publics sont les seuls outils dont disposent les gens pour exprimer leurs griefs et chercher des réformes politiques, sociales et économiques. La protestation publique et la parole sont essentielles à une société libre, pourtant les institutions policières d’État les considèrent comme des menaces nationales, recourant à une force arbitraire, excessive et discriminatoire.

Le rapport de l’INCLO et de la CIDH favorise un dialogue ouvert, pratique et bien informé entre les États, les institutions policières, la société civile, les défenseurs des droits de la personne et d’autres parties prenantes sur le maintien de l’ordre conforme aux droits de la personne.

L’INCLO est une coalition d’organisations nationales de défense des droits humains du Nord et du Sud qui agissent conjointement pour influencer les discussions sur l’établissement des normes et sensibiliser à la bonne gestion des assemblées.

La Clinique internationale des droits de la personne à la faculté de droit de l’Université de Chicago est un cours juridique basé sur la pratique pour les étudiants diplômés en droit, qui représente des clients et collabore avec des organisations dans le domaine du plaidoyer et de la recherche liés au droit de la personne.

Citations

« La liberté d’expression et de réunion est la pierre angulaire de la démocratie, et il existe des normes juridiques internationales qui protègent ces droits. Cependant, il manque la recherche et l’orientation du point de vue des droits humains qui fournissent des orientations pratiques pour la mise en œuvre et l’application par l’État et ses institutions policières de ces normes internationales. Ce rapport vise à combler ce vide », explique Rob De Luca de l’Association canadienne des libertés civiles (CCLA), l’un des principaux auteurs du rapport.

« Ce rapport constitue un outil important pour le travail des organisations nationales de défense des droits humains. Cela apporte aussi une perspective globale au débat mondial et montre que les normes pour lesquelles nous nous battons sont possibles et reposent sur une base empirique », explique Marcela Perelman, l’une des principales auteures du rapport du Center for Legal and Social Studies (CELS) en Argentine.

« Nous espérons que le rapport favorisera un dialogue réel — et très nécessaire — entre la police et la société civile en identifiant des moyens concrets par lesquels la liberté d’expression et l’assemblée publiques peuvent être, et sont parfois, protégées par les services de police. Nous espérons contribuer à une meilleure compréhension de la manière dont l’État et ses institutions de sécurité devraient assurer l’accès à ce droit démocratique fondamental », déclare la directrice du CIDH, Claudia Flores.

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Rapport complet
Résumé exécutif

Contact

Lucila Santos — directrice de la programmation de l’INCLO — lsantos@inclo.net
Claudia Flores — directrice de l’IHRC — cmflores@uchicago.edu

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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