Howard Sapers, directeur exécutif de l’Association canadienne des libertés civiles, a fait la déclaration suivante en réponse à une annonce du gouvernement fédéral visant à mettre fin aux mandats des envoyés spéciaux sur l’islamophobie et l’antisémitisme :
La création d’un Conseil consultatif sur les droits, l’égalité et l’inclusion est une initiative bienvenue; cependant, l’étendue de son mandat ne répond pas au besoin de mesures ciblées pour répondre à des manifestations spécifiques, persistantes et croissantes de la haine telles que l’islamophobie et l’antisémitisme.
La décision du gouvernement fédéral de mettre fin aux fonctions d’Envoyé spécial pour l’islamophobie et d’Envoyé spécial pour la préservation du souvenir de l’Holocauste et la lutte contre l’antisémitisme est profondément préoccupante et à courte myope.
Il est étonnant que de telles positions soient supprimées à une époque où les incidents d’islamophobie et d’antisémitisme augmentent à travers le pays. Les communautés musulmanes et juives signalent une augmentation du harcèlement, des menaces, du vandalisme et de la violence. Dans ce climat, le besoin de leadership, de coordination et d’une attention gouvernementale soutenue pour combattre la haine n’a jamais été aussi grand.
Les envoyés spéciaux jouent un rôle crucial dans l’engagement des communautés touchées, la coordination des réponses politiques et la garantie que l’action gouvernementale est éclairée par les réalités vécues. Éliminer ces positions envoie un mauvais message : que lutter contre la haine, le racisme et la discrimination religieuse est une préoccupation secondaire plutôt qu’une responsabilité centrale du gouvernement.
Combattre l’islamophobie et l’antisémitisme nécessite plus de soutien, pas moins. Cela exige des ressources dédiées, une responsabilité claire et un engagement visible aux plus hauts niveaux gouvernementaux. Supprimer ces rôles sape les efforts pour lutter contre la haine et risque de laisser les communautés se sentir abandonnées à un moment de réelle vulnérabilité.
Les récentes commémorations de la Journée du souvenir de l’Holocauste et de la Journée nationale de la mémoire et de l’action contre l’islamophobie rappellent cruellement les conséquences dévastatrices de la haine et la nécessité urgente d’y faire face. Juste après ces jours importants, démanteler des mécanismes dédiés à la lutte contre la haine va à l’encontre des leçons mêmes qu’ils sont censés enseigner.
Le gouvernement fédéral devrait immédiatement reconsidérer cette décision et s’engager à s’assurer que la lutte contre certaines formes de haine, comme l’islamophobie et l’antisémitisme, soit adéquatement dotée de ressources, tout en continuant d’investir dans des stratégies pour combattre toutes les formes de haine et protéger la sécurité, la dignité et les droits de tous au Canada.
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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