MONTRÉAL — Anaïs Bussières McNicoll, directrice du Programme des libertés fondamentales, a fait la déclaration suivante après que le gouvernement fédéral a forcé le Comité de la Justice de la Chambre des communes à terminer l’étude de la Loi sur la lutte contre la haine :

Hier, le gouvernement fédéral a forcé le Comité de la Justice de la Chambre des communes (JUST) à terminer l’étude du projet de loi C-9 — la Loi sur la lutte contre la haine.

Plus de débats – il suffit de le faire, malgré les nombreux défauts du projet de loi.

Le gouvernement s’apprête maintenant à faire adopter le projet C-9, donnant à la Chambre des communes un maximum de deux jours pour l’étape du rapport et la troisième lecture.

Cela devrait inquiéter tous les Canadiens qui se soucient de la pratique démocratique et de la liberté d’expression.

L’antisémitisme, l’islamophobie et le racisme sont en hausse. Les communautés à travers le pays sont inquiètes, et elles méritent d’être protégées. Mais le projet de loi C-9 ne résout pas cette question complexe. Au lieu de cela, il remet au gouvernement un instrument brutal que l’histoire nous dit sera retourné contre les mêmes personnes qu’il est censé aider.

Plus de 40 organisations de la société civile, représentant des communautés de divers milieux, ont exprimé de sérieuses préoccupations à propos de ce projet de loi à l’automne. Ils ont averti que son langage vague pourrait être utilisé pour criminaliser les manifestations pacifiques et faire taire les expressions impopulaires. Au lieu de répondre de manière significative à ces préoccupations, le processus tronqué du Comité a fait très peu pour améliorer le projet de loi et l’a même aggravé en supprimant la défense religieuse de bonne foi du Code criminel sans rien mettre à sa place.

Les changements en droit pénal qui touchent la liberté d’expression méritent un examen minutieux, et non des jeux de pouvoir procéduraux. En forçant le Comité à conclure sans répondre aux préoccupations soulevées par des dizaines d’organisations confessionnelles et de la société civile, le gouvernement envoie un message : faire adopter cette législation compte plus que de la réussir.

Ce n’est pas comme ça qu’on combat la haine ou qu’on construit la confiance avec des communautés déjà vulnérables.

Les lois punitives qui criminalisent l’expression ne stoppent pas la haine. Ils donnent aux gouvernements un outil qui, encore et encore, est utilisé contre les peuples autochtones, les communautés racialisées, les manifestants et les dissidents.

Nous exhortons les parlementaires à rejeter toute loi qui sape les normes démocratiques et les libertés civiles des peuples canadiens.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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