Abby Deshman, directrice de la justice criminelle de l’Association canadienne des libertés civiles, a fait la déclaration suivante :
Nous sommes encore en train d’examiner les rapports, mais même une lecture rapide dresse un portrait profondément préoccupant de l’état de la police.
L’image est troublante – mais ce n’est pas une surprise. Les communautés touchées partagent depuis des décennies leurs expériences de discrimination, de harcèlement et de traumatisme aux mains de la police et du système de justice pénale.
Nous disposons aussi de données démontrant clairement le racisme systémique depuis des années. En 2018, la Commission ontarienne des droits de la personne a documenté, une fois de plus, le racisme systémique dans la police de Toronto, rapportant que, bien que les Noirs représentaient 8,9% de la population de Toronto, ils représentaient plus du tiers des fusillades policières, 61,5% des cas d’usage de la force causant la mort de civils, et 70% des fusillades ayant causé la mort de civils.
Aujourd’hui, nous avons encore plus de confirmation de ce que nous savions déjà.
La publication de ces données est essentielle. Mais ce n’est pas suffisant. Ce que les communautés réclament à juste titre, c’est des actions concrètes qui mèneront à un véritable changement pour les individus, les familles et les communautés.
La police doit prendre du recul et faire de la place aux soutiens des services sociaux et aux interventions de crise dirigées par des civils. Nous devons avoir une conversation sur pourquoi tous les appels au 911 vont par défaut à la police et comment nous pouvons changer cela. Nous devons poursuivre les discussions plus larges sur de meilleures façons – en dehors du système de justice pénale – d’assurer la sécurité communautaire. Et nous avons besoin que le gouvernement à tous les niveaux écoute et agisse, transforme ces conversations en réalité.
Moya Teklu, directrice générale du Black Legal Action Centre, a fait la déclaration suivante :
Les données publiées aujourd’hui — comme celles publiées par la Commission ontarienne des droits de la personne en 2020 et 2018, ou celles publiées par le Toronto Star en 2012, ou les nombreuses études publiées avant cela — confirment encore une fois ce que les Noirs savent depuis des décennies. La police vise les personnes noires pour l’arrestation, la détention, les fouilles à nu et les agressions.
Les données publiées aujourd’hui soulèvent plusieurs questions. Que feront les gouvernements pour indemniser les victimes des inconduites policières continues? Comment vont-ils remédier à leur traumatisme, à leur dégradation et à leur humiliation persistants? Comment s’assureront-ils d’avoir un véritable accès à la justice?
La police continue d’échouer à remplir son mandat supposé. Ils continuent d’échouer à servir et protéger les personnes noires. Et pourtant, année après année, tous les niveaux de gouvernement continuent d’injecter de l’argent dans les services de police. Ils font cela au lieu de financer les communautés noires. La solution n’est pas de fournir plus d’argent à la police pour des scanners corporels ou de la formation. Il s’agit de démobiliser la police et de rediriger les fonds vers ces services qui protégeront réellement, serviront et augmenteront la sécurité publique des Noirs. La police a démontré qu’elle n’était pas à la hauteur.
Akwasi Owusu-Bempah, conseiller spécial sur le racisme anti-noir pour l’Association canadienne des libertés civiles, a fait la déclaration suivante :
Certains pourraient trouver ces résultats choquants, mais ce n’est absolument pas une nouveauté.
Les communautés s’expriment depuis des décennies.
Cette année marque le 20e anniversaire de la première série raciale et policière du Toronto Star. Il y a dix ans, j’ai démontré comment les services policiers à travers le Canada protégeaient activement les données raciales qu’ils collectaient du public.
Pendant tout ce temps, la police a continué de présenter les préoccupations de la communauté autour de ces questions comme anecdotiques tout en supprimant activement les données qu’elle a publiées aujourd’hui. Et bien qu’ils aient maintenant été forcés de divulguer ces informations, elles ne fournissent qu’une petite fenêtre sur la façon dont les communautés noires et autres communautés racialisées sont touchées de manière disproportionnée par les actions policières.
La police a la capacité de fournir des données désagrégées par race pour une grande variété d’interactions et de résultats policiers – mais ce n’est pas le cas.
Leur stratégie actuelle basée sur les données raciales est inadéquate. Il faut l’élargir et accélérer considérablement. Il est temps d’arrêter de laisser passer la police et d’exiger qu’elle commence à agir dans l’intérêt des communautés qu’elle prétend servir.
À propos de l’Association
canadienne des libertés civilesLa CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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