TORONTO — À la suite de la réintroduction par le gouvernement du Canada de la Loi sur les préjudices en ligne (projet de loi C-63), Noa Mendelsohn Aviv, directrice générale et conseillère juridique générale de l’Association canadienne des libertés civiles (CCLA), a fait la déclaration suivante :

C’est un projet de loi énorme que nous devons examiner plus en détail. Notre lecture préliminaire soulève plusieurs préoccupations sérieuses. Bien que la CCLA approuve les objectifs déclarés de la sécurité publique, de la protection des enfants et du soutien aux communautés marginalisées, notre évaluation initiale révèle que le projet de loi inclut des violations trop larges de la liberté d’expression, de la vie privée, des droits de protestation et de la liberté. Celles-ci doivent être corrigées avant que le projet de loi ne soit adopté.

Un aspect préoccupant du projet de loi C-63 est l’immense autorité accordée à un organisme nouvellement établi, composé de personnes nommées par le gouvernement, pour interpréter la loi, inventer de nouvelles règles, les appliquer, puis servir comme juge, jury et bourreau. Accorder de tels pouvoirs étendus à un seul organisme sape le principe fondamental de la responsabilité démocratique.

De plus, les dispositions du projet de loi, qui incluent de nouveaux pouvoirs de fouille étendus sur les données électroniques sans exigence de mandat, représentent des menaces importantes pour les droits à la vie privée. Le projet de loi prévoit des intrusions inacceptables dans la vie numérique des individus.

Le projet de loi C-63 risque de censurer une gamme d’expressions, allant du journalisme aux conversations saines chez les jeunes de moins de 18 ans sur leur propre sexualité et leurs relations. Les larges interdictions criminelles de la liberté d’expression dans le projet de loi risquent d’étouffer le débat public et de criminaliser l’activisme politique. Le projet de loi impose des peines draconiennes pour certains types d’expression, y compris la prison à vie pour une infraction très large et vaguement définie d’« incitation au génocide », ainsi que 5 ans de prison pour d’autres actes d’expression largement définis. Cela refroidit non seulement la liberté d’expression, mais sape aussi les principes de proportionnalité et d’équité dans notre système juridique. Le projet de loi C-63 crée également une nouvelle infraction (« infraction motivée par la haine ») qui risque d’être abusée ou abusée par la police, ainsi que d’injustice envers les accusés devant les tribunaux.

Le projet de loi réintroduit également une restriction d’expression dans la Loi canadienne sur les droits de la personne, à laquelle la CCLA s’était déjà opposée. La nouvelle disposition a le potentiel de censurer une forte opposition aux autorités politiques. Elle limite le débat et la dissidence sur des questions controversées, et n’a historiquement pas protégé adéquatement les groupes les plus marginalisés.

Le flot potentiel de plaintes en vertu de cette disposition auprès de la Commission canadienne des droits de la personne, combiné à ses contraintes de ressources existantes, menace d’aggraver l’arriéré et de limiter l’accès à la justice pour ceux qui font face à de la discrimination en emploi, dans les services et dans d’autres contextes.

Nous exhortons le Parlement à modifier le projet de loi C-63 afin de s’assurer que toute législation visant à réduire les préjudices en ligne respecte les principes fondamentaux garantis par notre Charte des droits et libertés.

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