Aujourd’hui, les documents sur la pandémie en prison ont été lancés en ligne, rendant disponibles des dossiers gouvernementaux inédits obtenus grâce à l’accès à l’information et aux demandes d’accès à l’information soumises aux gouvernements à travers le Canada. Ces dossiers offrent un aperçu de la réponse à la COVID-19 des autorités pénitentiaires fédérales, provinciales et territoriales, ainsi que de l’impact de la pandémie sur les personnes incarcérées et celles qui travaillent dans des milieux collectifs de cage humaine. La publication de ces documents par le Prison Pandemic Partnership fait suite à la publication d’un article de l’initiative dans Policy Options, publié hier, qui a représenté la hausse des cas de COVID-19 derrière les barreaux pendant la vague Omicron au cours des trois derniers mois, période durant laquelle les infections ont dépassé celles des prisons, prisons et pénitenciers canadiens durant les 21 premiers mois de la pandémie.
Le Dr Kevin Walby, professeur agrégé de justice pénale et directeur du Centre pour l’accès à l’information et à la justice de l’Université de Winnipeg, a dirigé la collecte des documents sur la pandémie en prison. En réfléchissant aux difficultés liées à l’obtention des dossiers gouvernementaux recherchés par l’accès à l’information et les demandes d’accès à l’information, il note : « Les documents jusque-là inédits publiés aujourd’hui par le Prison Pandemic Partnership offrent une fenêtre sur la transparence et le secret gouvernementaux en temps de pandémie. Comme le révèlent la quantité et la qualité des documents obtenus auprès de certains gouvernements et la rareté des documents obtenus auprès d’autres, certaines juridictions prennent le droit du public à savoir plus au sérieux que d’autres. Il est troublant de voir les déserts de secret et de transparence qui existent, particulièrement dans des juridictions comme le Québec et l’Alberta, qui laissent beaucoup d’incertitudes quant aux réponses et aux impacts de la COVID-19 sur leurs prisons ».
Le Dr Justin Piché, professeur agrégé de criminologie à l’Université d’Ottawa et membre du Criminalization and Punishment Education Project, a trié et organisé les documents sur la pandémie en prison avec Sarah Speight, candidate au doctorat en géographie à l’Université d’Ottawa. Piché décrit les types de dossiers que le Prison Pandemic Partnership a réussi à obtenir : « Les milieux collectifs ont été durement touchés par la COVID-19 tout au long de la pandémie, qui entre bientôt dans sa troisième année. Cela se voit dans les documents pandémiques en prison que nous avons obtenus, documentant la prévention, la gestion et les protocoles de traitement des maladies, les changements dans le nombre de détenus et de personnel, les visites et programmes annulés et modifiés, l’utilisation de la ségrégation et des confinements, y compris au nom des quarantaines médicales et de l’isolement, l’usage de la force, la résistance des prisonniers sous forme de grèves de la faim, des manifestations et des refus de se lever pour le dépouillement, plaintes des prisonniers et du personnel, inspections sanitaires et du travail, vaccination, et plus encore ». Speight ajoute : « Comme le révèlent les documents, les politiques et pratiques pénitentiaires mises en place pendant la pandémie ont rendu les conditions de détention déjà austères encore plus austères. Alors que la pandémie en prison se poursuit, il est crucial que les tribunaux et les gouvernements fassent tout ce qu’ils peuvent pour réduire l’emprisonnement afin de diminuer la transmission de la COVID-19 et l’exposition à des conditions torturantes qui nuisent à la santé publique et à la sécurité des communautés. »
Abby Deshman, directrice du Programme de justice criminelle de l’Association canadienne des libertés civiles, conclut en notant : « Les Documents sur la pandémie en prison ont été créés comme une ressource pour les personnes incarcérées et leurs proches, les organisateurs communautaires et défenseurs, les chercheurs, les journalistes, avocats, décideurs politiques et les membres du public afin d’apprendre comment les gouvernements réagissent à la COVID-19. La publication de ces documents aujourd’hui est aussi une invitation pour d’autres à déposer leurs propres demandes d’information pouvant contribuer à cet effort collectif de connaissances et d’action, et à travailler ensemble pour une plus grande transparence, responsabilité et changement ».
Liens vers les documents sur la pandémie en prison :
- Fédéral | Canada
- Terre-Neuve-et-Labrador
- Île-du-Prince-Édouard
- Nouvelle-Écosse
- Nouveau-Brunswick
- Québec
- Ontario (Partie I)
- Ontario (Partie II)
- Manitoba
- Saskatchewan
- Alberta
- Colombie-Britannique
- Nunavut
- Territoires du Nord-Ouest
- Yukon
À propos du partenariat contre la pandémie en prison :
Le Centre pour l’accès à la justice et à l’information (CAJ) promeut la recherche d’intérêt public en utilisant la liberté d’information (FOI) et l’accès à l’information (ATI). Le CAIJ favorise la collaboration entre les chercheurs en sciences sociales et en sciences humaines, ainsi qu’entre les défenseurs de l’accès, les journalistes d’investigation et les professionnels du droit à travers le Canada et ailleurs.
Le Projet d’éducation à la criminalisation et à la punition (CPEP) mène des recherches et de l’organisation communautaire pour réduire à court terme l’utilisation et les préjudices de l’emprisonnement, tout en œuvrant vers un avenir abolitionniste. Le groupe préconise un accès élargi aux soutiens communautaires et une justice transformatrice pour prévenir et répondre aux préjudices sociaux.
L’Association canadienne des libertés civiles (CCLA) est un organisme indépendant à but non lucratif avec des partisans provenant de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
Ces trois organisations se sont réunies pour former le Prison Pandemic Partnership, qui examine l’impact de la COVID-19 sur les prisons, prisons et pénitenciers à travers le pays. Le partenariat est financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (Bourse d’engagement en partenariat 1008-2020-0238).
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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