85 organisations œuvrant à travers les communautés de l’Ontario sont unies sous la toute nouvelle Coalition pour la justice des camps. Ensemble, ils ont publié une lettre ouverte au premier ministre demandant à son gouvernement d’abroger le projet de loi 6, la Loi sur les municipalités plus sûres, et de s’engager à adopter des solutions conformes aux droits de la personne, fondées sur des preuves et éprouvées — en particulier des logements sécuritaires et abordables — pour faire face à la crise des campements en Ontario.

La Coalition représente une intersection inhabituelle d’organisations ayant une expertise en logement, itinérance, soins de santé, politique sur la drogue, justice des personnes handicapées, droits humains, colonisation, justice des migrants, transport en commun et droit canadien. Dans le cadre de leur expertise, ils sont unis dans leur opposition au projet de loi 6. L’approche du projet de loi, fondée sur une politique américaine infructueuse, punit les résidents des camps et dépriorise le logement comme solution au profit d’un traitement coercitif contre la toxicomanie et de l’emprisonnement.

La Coalition affirme que les prisons et le traitement coercitif de la toxicomanie ne résolvent pas l’itinérance — le logement, oui. De plus, la Coalition remet en question l’importance de politiques américaines désastreuses à un moment où l’Ontario doit se distinguer de l’Amérique et rester uni face à la menace économique des tarifs américains.

Ces tarifs menacent de rendre plus d’Ontariens sans abri, et punir les campements ne fera qu’aggraver cela — tant directement qu’indirectement, car les coûts de police et de prison deviendront un fardeau intenable pour les contribuables.

La Coalition appelle le premier ministre à soutenir tous les Ontariens, y compris les résidents des camps, en priorisant les soins, et non les punitions, et en investissant dans les solutions à l’itinérance qui ont fait leurs preuves. La Coalition invite également le premier ministre et son gouvernement à rencontrer et à discuter de solutions positives avec ses représentants.

Citations :

« La décision du premier ministre Ford de traiter les personnes sans domicile comme des criminels n’est pas seulement discriminatoire et constitue une violation des droits humains, c’est aussi une politique téméraire. D’innombrables études ont démontré que l’incarcération ne résout ni l’itinérance ni ne rétablit le droit humain au logement. Cependant, cela fait des budgets de ballon et crée un cycle de déplacement. Le premier ministre Ford devrait se remettre à jour sur le droit des droits humains et commencer à remplir ses obligations : trouver un logement sécuritaire à long terme, abordable pour les milliers de personnes qui en ont besoin à travers la province. » — Leilani Farha, directrice mondiale, The Shift

« Le projet de loi 6 criminalise les personnes sans-abri et celles vivant dans la pauvreté, nuisant de manière disproportionnée aux communautés déjà marginalisées, y compris les communautés autochtones, noires et autres communautés racialisées, les populations de femmes et de genres divers, les membres de la communauté 2SLGBTQIA+ et les personnes en situation de handicap. Plutôt que de s’attaquer aux causes profondes de l’itinérance par des solutions fondées sur les droits, qui défendent la dignité et l’autonomie, elle va approfondir la crise. » — Harini Sivalingam Directrice, Programme d’égalité, Association canadienne des libertés civiles

« Le projet de loi 6 n’est pas seulement une réponse cruelle et inefficace à l’itinérance — c’est une attaque directe contre la survie des femmes et des personnes de genre divers qui font déjà face à une violence extrême, à la pauvreté et à une discrimination systémique dans la rue. Cette législation ne rend pas les communautés plus sûres; Cela les rend plus dangereux pour ceux qui ont le moins de protections. Criminaliser l’itinérance, surtout en l’absence d’un logement sécuritaire adéquat ou de soutiens de réduction des risques, poussera davantage de femmes à se cacher, dans des situations dangereuses et à s’éloigner davantage de l’aide. » — Stefania Seccia, Women’s National Housing and Homelessness Network

« Le gouvernement Ford a choisi de miner et d’attaquer les droits de tous les Ontariens par le projet de loi 6. Les personnes handicapées en Ontario font déjà face à une criminalisation généralisée, à une aggravation de l’invalidité et à la mort dans tout le système judiciaire ontarien, particulièrement dans nos communautés qui sont sans logement. Cette législation ne fait qu’accentuer la violence subie par les personnes handicapées sans abri — ouvrant la porte à l’incarcération de masse et à l’institutionnalisation. Sans aucune mesure pour augmenter les taux d’aide sociale et créer des logements accessibles et abordables, ce gouvernement a plutôt choisi d’attaquer violemment des communautés déjà précaires et handicapées à travers la province. » — Brad Evoy, Réseau de justice pour les personnes handicapées de l’Ontario

« Entreposer les gens en prison est l’option la plus coûteuse, la moins efficace, et un indicateur clair d’échec facilité par le gouvernement, pas de succès. La Loi sur les municipalités plus sûres est dangereuse, malsaine et indésirable. Nous encourageons les gouvernements à dialoguer avec les dirigeants de l’Ontario plutôt qu’avec les sondages, les experts et la politique partisane à la Trump. L’expérience et l’expertise existent ici même en Ontario, au bénéfice de tous les contribuables. Personne ne recommanderait cette loi comme une véritable solution aux deux tragédies humanitaires qui, depuis l’élection de 2018, ont tué plus de 24 000 personnes par overdose seulement, laissant plus de 80 000 personnes sans logement à travers l’Ontario. » — Michael Parkinson, Drug Strategy Network of Ontario

« Le projet de loi 6 ne fait rien pour résoudre la crise de l’itinérance en Ontario. Les municipalités ont demandé des solutions de logement à long terme et ont plutôt été confrontées à des mesures d’application à courte vue, nuisibles et inefficaces, ciblant les plus vulnérables de nos communautés. Les résidents du campement sont des détenteurs de droits qui méritent d’être traités avec respect et dignité, pas d’être fortement surveillés et balayés sous prétexte de sécurité publique. » — Ashley Schuitema, directrice générale des Services juridiques communautaires de la région de Waterloo

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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