L’Association canadienne des libertés civiles, la Société John Howard Canada, l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry et Elizabeth Fry de la Nouvelle-Écosse continentale – ainsi que Lisa Adams, une femme qui a passé seize jours dans une cellule sèche – renouvellent les demandes du gouvernement canadien pour mettre fin à l’utilisation prolongée et inutile des cellules sèches, une forme « extrême » d’isolement cellulaire.

QU’EST-CE QUE LES CELLULES SÈCHES?

Les cellules sèches sont une forme extrême d’isolement cellulaire », a déclaré Abby Deshman, directrice du Programme de justice criminelle à l’Association canadienne des libertés civiles.

« Les personnes soumises à cette détention sont d’abord fouillées à nu, puis placées seules dans une cellule avec des lumières allumées en permanence, sans chasse d’eau, ni eau courante. Le prisonnier est constamment surveillé à travers une fenêtre ou une caméra de sécurité, et le personnel doit observer et documenter tout le temps où il est aux toilettes et fouiller chaque selle à la recherche de contrebande. »

« L’enquêteur correctionnel fédéral réclame une limite stricte de 72 heures pour les placements en cellules sèches depuis plus de dix ans. Cet été, nous avons recommandé des changements juridiques concrets qui permettraient de mettre fin à un placement prolongé et inutile dans des cellules sèches. Nous attendons toujours ces changements », poursuivit Deshman.

« Dans bien des cas, ces placements sont injustifiables ou inutiles. En termes simples, garder les gens dans ces conditions, pour une durée significative, est inconcevable. »

LE GOUVERNEMENT DU CANADA A ÉMIS UNE DIRECTIVE MINISTÉRIELLE

Hier, le ministre de la Sécurité publique a publié une directive ministérielle concernant l’utilisation des cellules sèches. La directive appelle le CSC à respecter les dispositions existantes concernant les exigences de rapport pour les chefs d’établissement. Cela ne limite toutefois pas la durée pendant laquelle une personne peut être détenue dans une cellule sèche. Il n’exige pas non plus que les autorités acceptent les demandes des prisonniers pour un scan corporel ou une radiographie afin qu’ils prouvent qu’ils ne transportent aucune contrebande.

Le ministre de la Sécurité publique a annoncé qu’ils travaillent également sur la réglementation. Les règlements doivent avancer rapidement avec la contribution des parties prenantes clés.

« Compte tenu des dommages importants causés par les cellules sèches en torturant les gens par une exposition constante à la lumière, le manque de contact humain significatif, la mauvaise qualité alimentaire et l’enfermement extrême, il est encourageant que le gouvernement fédéral ait reconnu la nécessité urgente de changement en émettant une directive ministérielle », a déclaré Emilie Coyle, directrice générale de l’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry. « C’est sans précédent puisque c’est la première fois que le ministre de la Sécurité publique émet une directive de ce genre au Service correctionnel du Canada. Nous continuerons à plaider afin que ce précédent important et cette attention entraînent un changement réel et concret pour les personnes en prison et, ultimement, la fin de la pratique flagrante des cellules sèches. »

« Même après mon recours constitutionnel réussi qui a forcé le gouvernement à modifier la loi, en juin, le gouvernement a choisi de modifier la Loi sur la libération conditionnelle et correctionnelle de la manière la plus restrictive possible. » a déclaré Lisa Adams. « Le personnel pénitentiaire peut encore mettre les prisonniers dans des cellules sèches pour des périodes indéfinies, pour quelque chose d’aussi petit qu’une cigarette cachée suspectée. Il n’y a rien dans les dispositions sur la cellule sèche obligeant le personnel pénitentiaire à accepter les demandes des prisonniers pour une radiographie ou un scan corporel afin de démontrer qu’ils ne cachent pas de contrebande. »

À PROPOS DE L’ASSOCIATION CANADIENNE DES SOCIÉTÉS DE FRY ELIZABETH

L’Association canadienne des sociétés Elizabeth Fry (CAEFS) a été fondée en 1978. Depuis sa création, la CAEFS travaille à s’attaquer aux manières persistantes dont les femmes et les personnes de genre divers touchées par la criminalisation ont été privées d’humanité et exclues de la communauté. Le plaidoyer de la CAEFS utilise une approche fondée sur les droits féministes qui se concentre sur les femmes incarcérées au niveau fédéral et les personnes de genre divers, et soutient les mandats de plusieurs ministères fédéraux en reconnaissant que, pour créer une égalité substantielle, une attention et des approches uniques sont nécessaires pour répondre aux groupes incarcérés méritant l’équité. La CAEFS représente également les 24 sociétés Elizabeth Fry autonomes réparties à travers le pays, qui offrent toutes des services de première ligne essentiels aux femmes et aux personnes de genre divers dans leurs communautés. De cette façon, CAEFS a une perspective unique, tout aussi influencée par notre travail à l’intérieur des prisons destinées aux femmes que par le travail communautaire de nos membres.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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