Le ministre de l’Éducation et de la Garde d’enfants de l’Alberta a récemment émis un décret ministériel exigeant que toutes les bibliothèques scolaires de la province interdisent les livres présentant — y compris par écrit — « contenu sexuel explicite ». Les bibliothèques scolaires doivent également s’assurer que les livres présentant un « contenu sexuel non explicite » ne soient pas accessibles aux élèves de moins de 10e année.
Le 29 juillet 2025, le directeur exécutif de la CCLA et le directeur des libertés fondamentales a publié un article d’opinion dans l’Edmonton Journal dénonçant ce décret ministériel pour ce qu’il est : une interdiction de livres, une forme de censure particulièrement nuisible.
Nous avons donné des exemples de ce que cette interdiction de livres pourrait signifier — y compris l’interdiction de classiques comme 1984 de George Orwell et Le Conte de la servante de Margaret Atwood dans toutes les bibliothèques scolaires pour tous les élèves âgés de six à 18 ans.
Nous avons également reconnu l’importance de réfléchir aux effets de l’exposition des jeunes au contenu sexuel, mais nous avons soutenu que ce type d’exercice devrait être laissé aux bibliothécaires, éducateurs, parents et, dans une certaine mesure, aux élèves eux-mêmes. Les interdictions gouvernementales standardisées, au contraire, mettent fin à cette conversation vitale avant même qu’elle ne commence, tout comme interdire un livre basé sur quelques extraits ignore toutes les autres leçons précieuses que les élèves auraient pu tirer de sa lecture.
Le 9 août, le ministre a répondu à notre position par un éditorial à son tour. Il nous a accusés de déformer son ordre ministériel et de répandre de faux récits.
Le 14 août, nous avons envoyé une lettre directement au ministre pour rétablir la vérité et renforcer notre critique de l’interdiction de ses livres. Vous pouvez trouver notre lettre ici.
La CCLA continuera de défendre l’importance que les élèves aient un accès facile et gratuit à des livres qui pourraient répondre à leurs questions, les remettre en question et encourager la pensée critique. De toute évidence, tout le contenu sexuel n’est pas approprié pour les étudiants de tous âges, mais une interdiction totale n’est pas la solution.
Ce n’est pas un problème mineur, car une démocratie prospère exige une population informée et engagée — des personnes qui ont été et continuent d’être exposées à des idées diverses qui suscitent le débat et enrichissent la compréhension.
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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