Les gens au Canada ont besoin que leurs représentants demeurent libres et sans entrave dans leur capacité à tenir l’exécutif responsable. À cette fin, la liberté d’expression et de débat au Parlement est le droit le plus important accordé aux parlementaires. L’immunité totale contre les poursuites pour discours parlementaires donne aux parlementaires indépendants et minoritaires le pouvoir d’agir sans crainte et sans ingérence en agissant comme un contrôle significatif du pouvoir exécutif.

L’affaire Alford c. Canada soulève des questions techniques concernant le privilège parlementaire et le régime de sécurité nationale du Canada. Dans des circonstances normales, les déclarations faites par des membres du parlement à la Chambre des communes ou au Sénat ne seraient pas sujettes à des poursuites puisqu’elles sont protégées par le privilège parlementaire. L’article 12 de la Loi sur le Comité des parlementaires de la sécurité nationale et du renseignement du Canada (Loi sur les CPNDR) élimine ce privilège dans certaines circonstances. Le professeur Ryan Alford, professeur de droit à la Faculté de droit de l’Université Lakehead, conteste la loi. Il soutient que l’article 12 retire à tort le privilège parlementaire aux membres de la NSICOP et que cela ne peut être fait qu’avec un amendement constitutionnel.

La question est de savoir si l’autorité du Parlement pour « définir » le privilège parlementaire en vertu de l’article 18 de la Loi constitutionnelle de 1867 permet une législation qui expose l’exercice du privilège parlementaire à un contrôle judiciaire, exposant ainsi les minorités parlementaires à une pression externe qui pourrait faire taire leur voix au Parlement. La CCLA intervient pour souligner la nécessité urgente de sauvegarder le but et la fonction du privilège parlementaire, et de protéger la capacité des minorités parlementaires à remplir leur devoir constitutionnel de tenir le pouvoir exécutif responsable. Nos représentants élus dans un comité chargé de superviser nos agences de sécurité nationale devraient avoir la capacité de « dénoncer » au parlement s’ils rencontrent des problèmes flagrants ou une illégalité.

Vous pouvez lire le fait de la CCLA ici.

La CCLA est reconnaissante pour l’excellente assistance pro bono de Gannon Beaulne et Sidney Brejak de Bennett Jones LLP.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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