L’une des dispositions les plus clairement inconstitutionnelles du projet C-51 était un amendement au Code criminel qui a créé une nouvelle infraction de « préconiser ou promouvoir sciemment la commission d’infractions terroristes en général » ainsi qu’une définition tout aussi large de la « propagande terroriste ». La nouvelle infraction, qui entraîne une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison, n’exige même pas que l’orateur ait l’intention qu’un acte terroriste résulte du discours en question. Elle exige seulement que le discours soit tenu avec imprudence quant à savoir si une infraction terroriste pourrait en résulter (ce qui est une norme juridique très basse). De plus, le terme « infractions terroristes en général » n’est défini nulle part dans le Code criminel, ce qui laisse cette expression ouverte à de nombreuses interprétations.
La CCLA estime que ces dispositions du Code criminel constituent une limite injustifiable à la garantie de liberté d’expression de la Charte. Cela s’explique par le fait que le discours interdit – pouvant englober toutes les déclarations privées ou publiques concernant « les infractions terroristes en général » – est exceptionnellement large en portée, et beaucoup trop vague pour être une catégorie définissable. La CCLA craignait que cela crée un critère hautement subjectif que les tribunaux doivent appliquer pour déterminer si le discours d’une personne promouvait des infractions terroristes « en général » — les journalistes, par exemple, craignaient que diffuser un extrait de film comme celui réalisé par le tireur de la Colline du Parlement en 2015 enfreint la loi. Il y avait aussi des inquiétudes quant à savoir si ces dispositions pourraient avoir un effet dissuasif sur les individus engagés dans des tentatives de prévention et de lutte contre le terrorisme, comme les efforts communautaires de déradicalisation.
Le C-59 supprime complètement l’expression « infractions terroristes en général » et remplace l’infraction uniquement lorsqu’une personne « conseille spécifiquement à une autre personne de commettre une infraction terroriste ». Les infractions liées au counseling existent ailleurs dans la loi — il existe une structure juridique plus claire et plus appropriée qui les entoure, et ce changement limite le risque d’incertitude, d’ampleur excessive ou d’effet dissuasif sur la liberté d’expression protégée. Dans ce domaine précis du C-59, les changements nécessaires ont été intégrés au nouveau projet de loi.
VISITEZ NOTRE PROJET DE LOI C-59 : FAITES-LE BIEN! PAGE D’ACCUEIL DE LA CAMPAGNE
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
Pour les médias
Pour plus de commentaires, veuillez nous contacter à media@ccla.org.
Pour des mises à jour en direct
Veuillez continuer à consulter cette page et nos plateformes de médias sociaux. Nous sommes sur Instagram, Facebook, Twitter et Blue Sky.



