Nos représentants élus dans un comité chargé de superviser nos agences de sécurité nationale devraient-ils avoir la capacité de « dénoncer » au parlement s’ils rencontrent des problèmes flagrants ou une illégalité? Comment une forte responsabilité envers le public peut-elle être équilibrée avec le secret qui peut souvent être essentiel à l’efficacité des opérations de sécurité nationale? La loi qui a créé le Comité parlementaire de la sécurité nationale et du renseignement (NSICOP) a-t-elle bien réussi?

Ces questions sont au cœur d’une affaire assez technique dans laquelle la CCLA intervient. Ryan Alford c. Canada soulève des questions sur le privilège parlementaire et le régime de sécurité nationale du Canada.

La demande devant la Cour supérieure de l’Ontario a été déposée par le professeur Ryan Alford, professeur de droit à la Faculté de droit de l’Université Lakehead. Il soutient que la Loi qui a créé le Comité parlementaire de la sécurité nationale et du renseignement du Canada (CPSNDR) a injustement retiré le privilège parlementaire aux membres du CNSLAR et que cela ne peut être fait sans un amendement constitutionnel. L’effet de la suppression du privilège parlementaire est de réduire effectivement la capacité du comité à partager l’information publiquement, même s’ils estiment qu’il y a un besoin primordial pour le public de connaître un problème qu’ils identifient.

La loi NSICOP exige que les membres du comité, qui ont accès à des informations sensibles sur la sécurité nationale et le renseignement, les gardent confidentielles. Ils peuvent faire l’objet de poursuites en vertu de la Loi sur la sécurité de l’information si des informations obtenues lors de l’exercice de leur rôle au sein du comité sont divulguées. Dans des circonstances normales, les déclarations faites par des députés à la Chambre des communes ou au Sénat ne seraient pas poursuivies parce qu’elles sont protégées par le privilège parlementaire qui immunise les sénateurs et députés pour ce qui est dit au Parlement. L’article 12 de la loi NSICOP élimine ce privilège dans certaines circonstances.

L’affaire examine si cela viole la constitution. La Cour supérieure de justice de l’Ontario a conclu que c’était le cas dans une décision rendue en mai 2022. La CCLA était intervenue pour souligner comment d’autres juridictions gèrent la question du privilège et de la sécurité nationale et comment concilier le privilège parlementaire avec la Charte canadienne des droits et libertés. Le gouvernement du Canada a fait appel devant la Cour d’appel de l’Ontario et la CCLA intervient de nouveau dans l’affaire.

CCLA est reconnaissante pour l’excellente aide bénévole de Gannon Beaulne et Alysha Pannu de Bennett Jones. L’appel est entendu le 3 octobre 2023.

Le factum de la CCLA devant la Cour supérieure de l’Ontario est disponible ici.

Le fait de la CCLA devant la Cour d’appel de l’Ontario est disponible ici.

Par : Cara Zwibel et Brenda McPhail

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

Pour les médias

Pour plus de commentaires, veuillez nous contacter à media@ccla.org.

Pour des mises à jour en direct

Veuillez continuer à consulter cette page et nos plateformes de médias sociaux. Nous sommes sur Instagram, Facebook, Twitter et Blue Sky.

DONATE
This site is registered on wpml.org as a development site. Switch to a production site key to remove this banner.