La Cour suprême du Canada a rendu une décision dans une affaire importante sur la liberté d’expression le 1er octobre 2021. Dans City of Toronto c. Ontario, la Cour a été invitée à examiner la constitutionnalité d’une législation qui modifiait la taille du conseil municipal de Toronto en plein milieu d’une élection municipale. La Ville, avec certains candidats, avait demandé à la Cour de conclure que la loi restreignait la liberté d’expression de manière déraisonnable. L’argument était qu’en modifiant les règles en plein milieu de l’élection, certains candidats avaient perdu leur temps et limité les fonds de campagne pour communiquer avec des électeurs qui n’étaient même plus dans leur circonscription, et que ce changement avait fondamentalement sapé des campagnes clés.

La demande de la Ville a d’abord été acceptée, mais un sursis demandé par l’Ontario a été accordé et l’élection a eu lieu avec la structure de circonscription plus petite préférée par la province. La décision a été portée en appel devant la Cour d’appel de l’Ontario (qui l’a annulée par un vote de 3 contre 2), puis entendue par la Cour suprême du Canada. La CCLA faisait partie des nombreux intervenants qui ont cherché à soutenir que la conception de la Cour sur la liberté d’expression comme protégeant principalement les droits « négatifs » devrait être réexaminée, et que la distinction positive/négative n’était ni nécessaire ni utile.

Dans une décision de 5 contre 4, la majorité de la Cour suprême a déterminé que la réclamation de la Ville était essentiellement une revendication de « droits positifs » et que la Ville n’avait pas satisfait au fardeau beaucoup plus élevé exigé par le test juridique pertinent. En conséquence, il n’y avait rien d’inconstitutionnel dans la décision de l’Ontario de modifier la structure du conseil municipal pendant la période électorale. Un groupe de quatre juges a exprimé sa dissidence et a estimé que la distinction entre droits négatifs et droits positifs n’était pas particulièrement utile et devait être rejetée.

Bien qu’elle soit déçue par la décision, la CCLA estime que le jugement dissident a énoncé certains principes juridiques importants qui pourraient bien devenir une opinion majoritaire à l’avenir. Nous sommes extrêmement reconnaissants envers Steven Barrett et Geetha Philipupillai de Goldblatt Partners LLP pour leur excellent plaidoyer dans cette affaire.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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