Le 28 juillet 2023, la Cour suprême du Canada a rendu sa décision dans R. c. Kahsai, 2023 CSC 20. M. Kahsai a été accusé d’infractions criminelles et a choisi de ne pas être représenté par un avocat lors de son procès. Le juge du procès a nommé un avocat pour assister la cour pendant le procès, appelé amicus. Le rôle de l’amicus est déterminé par le tribunal, qui ne représente pas la personne accusée. En appel, M. Kahsai a soutenu qu’il y avait eu une erreur judiciaire en partie parce que le rôle donné à l’amicus ne comprenait pas de prendre des mesures ou de présenter des arguments qu’un avocat de la défense aurait pu avancer. La Cour suprême a statué qu’il n’y avait pas eu d’erreur judiciaire et a expliqué le rôle que peut jouer l’amicus dans les cas où une personne accusée n’est pas représentée. La Cour s’est appuyée sur les arguments de la CCLA et d’autres intervenants.
L’équité d’un procès au Canada dépend en partie d’une procédure adversaire. Cela signifie que la poursuite, représentant la Couronne, et la défense, représentant l’accusé, présentent et plaident. La Couronne et la défense sont habituellement représentées par des avocats. S’il n’y a pas d’avocat pour la défense, et que l’accusé ne plaide pas sa cause, il y a un risque que le procès soit injuste. Certaines parties de la preuve ou de la loi peuvent ne pas être abordées, et le tableau qui émerge au procès peut être incomplet ou inexact.
Une personne accusée peut ne pas avoir d’avocat pour plusieurs raisons, notamment si elle présente des défis mentaux, comportementaux ou cognitifs importants. En même temps, une personne accusée a le droit constitutionnel de décider comment présenter et défendre sa cause. Une question centrale dans Kahsai était de savoir comment équilibrer équitablement ces considérations lorsqu’une personne accusée n’est pas représentée par un avocat et qu’un tribunal nomme un amicus.
Comme l’a soutenu la CCLA et expliqué par la Cour suprême aux paragraphes 45 et 64, le rôle de l’amicus peut être adapté et adapté aux besoins d’une affaire individuelle :
[45] Le droit de l’accusé de contrôler sa propre défense restreint les fonctions adversaires que l’amicus peut assumer. Comme l’a noté l’intervenant, l’Association canadienne des libertés civiles, l’amicus ne peut pas faire de plaidoiries ni chercher à obtenir des preuves contredisant les défenses ou théories avancées par l’accusé (voir I.F., à la p. 8). En même temps, le choix de l’accusé de se représenter lui-même n’empêchera pas l’amicus de jouer un rôle adversaire, car le droit de contrôler sa propre défense ne donne pas à l’accusé le droit de déterminer l’aide dont le tribunal a besoin. […]
[64] En somme, dans la grande majorité des cas, les responsabilités du juge de première instance et de la Couronne suffiront à assurer l’équité du procès. Une fois qu’il est déterminé que Un amicus est requis, le juge de première instance conserve une large discrétion pour nommer amicus avec des fonctions adaptées aux besoins d’un dossier. Cela peut inclure des fonctions adversaires lorsque nécessaire pour assurer l’équité du procès — par exemple, rétablir l’équilibre dans une procédure lorsqu’un accusé choisit de se représenter lui-même et ne présente aucune défense significative. En adaptant la portée du rôle de l’amicus , le juge prendra en compte la nature du rôle d’amicus de la cour et les circonstances d’une affaire, y compris la manière dont l’accusé exerce ses droits constitutionnels et ce qui est nécessaire pour assurer un procès équitable. Bien qu’il existe des limites nécessaires aux fonctions adversaires que l’amicus peut exercer, la portée est suffisamment large pour inclure ce qui est nécessaire à l’équité du procès dans un cas particulier.
Vous pouvez lire la décision de la Cour suprême ici et le fait de la CCLA ici.
La CCLA remercie Sarah Rankin et Heather Ferg de McKay Ferg LLP pour leur excellence Représentation pro bono dans ce cas-ci.
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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