La lettre suivante a été envoyée à Mme Lucy Fromowitz le 30 mai 2018.

Lucy Fromowitz
Vice-rectrice, étudiants
N303 Centre Bennett pour les services
aux étudiants, Université York, 4700, rue
Keele, Toronto, ON M3J 1P3
vpstdnts@yorku.ca

Chère Mme Fromowitz,

Le 28 mars 2018, le directeur exécutif de la CCLA, Michael Bryant, a parlé à la présidente de l’Université York, Rhonda Lenton, puis a reçu une lettre de la présidente de l’Université York. Dans cette lettre, elle affirmait que York prend très au sérieux la protection des libertés civiles.

Je vous écris pour vous demander de confirmer que cet engagement demeure vrai aujourd’hui.

Dans votre lettre du 26 avril 2018 adressée aux étudiants menant un sit-in pacifique dans la salle du Sénat de York, vous affirmez que, bien que York valorise la liberté d’expression, « la liberté d’exprimer des opinions divergentes ne s’étend pas aux activités compromettantes et perturbatrices. » Bien que la liberté d’expression soit au cœur du droit à la dissidence, la protestation est plus que la liberté d’expression ou d’être entendu. Il s’agit de tenter de provoquer un changement.

Les étudiants de York U ont fait preuve d’un dévouement remarquable à leur cause tout au long des nombreuses semaines de cette grève. Sans doute leur sit-in est-il gênant pour l’Université, mais respectueusement, les perturbations de l’ordre social font en fait régulièrement partie de l’intention légitime d’un acte de protestation. L’occupation pacifique de cet endroit symbolique sur le campus est un acte de dissidence qui devrait être une activité non seulement protégée comme valeur fondamentale de la société canadienne, mais aussi protégée par l’article 2 de votre Code des droits et responsabilités étudiantes, qui stipule explicitement que rien dans le Code « n’est destiné à être une méthode ou une excuse pour réprimer la protestation pacifique, débat civil ou autre conduite légale tant que les responsabilités étudiantes telles que définies à l’article 4 sont maintenues. » La clause de qualification à la fin de cette disposition devrait être considérée en lien avec le rôle d’une université dans la société en tant que lieu d’encouragement au débat, à l’engagement politique et social, et dans le contexte du devoir élevé de diligence nécessaire pour s’assurer que les politiques d’une institution publique ne soient pas construites ou interprétées de manière à dissuader activement, empêcher ou entraver les actes de protestation.

Cela nous amène à votre lettre du 25 mai. Nous espérons que vous reconsidérerez l’utilisation d’un instrument politique pour imposer des sanctions à un groupe de jeunes qui exercent leur droit de protester, et qui incarnent si clairement l’engagement envers la justice sociale et la pensée critique que la mission déclarée de York est d’inculquer à ses étudiants. Nous serions heureux d’en discuter davantage avec vous, si vous le souhaitez.

Cordialement,
Brenda McPhail
, Directrice, Vie privée, technologie et surveillance,
Association canadienne des libertés civiles

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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