Le Comité de la sécurité publique de la Chambre des communes est chargé d’examiner le projet de loi C-26, critiqué pour avoir porté atteinte à la vie privée, à la procédure régulière judiciaire et à la reddition de comptes

Toronto, ON — Nous pouvons répondre aux besoins en cybersécurité du Canada tout en défendant nos droits et libertés. C’est le message aux députés des organisations de la société civile canadienne et des experts, qui publient aujourd’hui des recommandations détaillées pour corriger la controversée législation fédérale sur la cybersécurité, le projet de loi C-26.

L’automne dernier, les mêmes groupes ont publié une lettre conjointe avertissant que le projet de loi C-26 était « profondément problématique et devait être corrigé », soulignant le risque qu’il représentait pour les droits à la vie privée, la gouvernance responsable et la procédure régulière judiciaire. Les recommandations du dossier publié aujourd’hui répondent à ces préoccupations, tout en assurant que les défenses de cybersécurité du Canada bénéficient d’une mise à niveau nécessaire.

Le projet de loi C-26 a récemment été adopté en deuxième lecture à la Chambre des communes, à la suite d’un débat vigoureux au cours duquel des députés de tout le spectre politique ont exprimé leur inquiétude quant à son impact sur les libertés civiles. Elle passe maintenant au Comité de la sécurité publique et de la sécurité nationale de la Chambre des communes pour un examen détaillé.

« Nous avons été encouragés d’entendre nos préoccupations exprimées par des députés de tout le spectre politique tout au long du débat de la deuxième lecture du projet de loi C-26 », indique l’introduction du paquet de recours recommandés par le groupe, soulignant que les idées présentées par les membres du groupe visent à « garantir que le projet de loi C-26 offre une cybersécurité solide à tous au Canada, tout en assurant la reddition de comptes et le respect de nos droits. »

Bon nombre des remèdes recommandés reflètent les conclusions du rapport du Dr Christopher Parsons, Cybersecurity Will Not Thrive in Darkness, publié par le Citizen Lab de l’Université de Toronto en octobre 2022. Les recours recommandés répondent aux préoccupations relatives aux libertés civiles en suivant :

  1. Restreindre les pouvoirs ministériels
  2. Protection des renseignements personnels et commerciaux confidentiels
  3. Maximisation de la transparence
  4. Permettre aux défenseurs spéciaux de protéger l’intérêt public
  5. Renforcer la responsabilité de l’établissement de la sécurité des communications

Les groupes et individus qui appuient ce dispositif de recours sont : l’Association canadienne des libertés civiles, la Fondation constitutionnelle canadienne, le Groupe de surveillance des libertés civiles internationales, la Ligue des droits et libertés, le Conseil national des musulmans canadiens, OpenMedia, le Conseil de la vie privée et de l’accès du Canada, le professeur Andrew Clément et la Dre Brenda McPhail.

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Citations d’organisations de défense des libertés civiles :

« Il est crucial que le Parlement trouve un équilibre approprié entre le besoin de sécurité d’une part et la nécessité de respecter les droits constitutionnels bien établis à la liberté et à la vie privée, d’autre part. Les recours recommandés aideront les législateurs à adopter un régime législatif constitutionnellement valide, tout en restant efficace. » – Joanna Baron, directrice générale de la Fondation constitutionnelle canadienne

« Depuis plus de deux décennies, les musulmans canadiens subissent de façon disproportionnée des impacts néfastes lorsque les droits à la vie privée ne sont pas adéquatement protégés, que la procédure régulière judiciaire n’est pas systématiquement respectée et que la responsabilité des agences de sécurité nationale n’est pas correctement prise en compte. Cette législation est nécessaire pour renforcer la cybersécurité de notre pays, mais un meilleur équilibre doit être trouvé pour protéger les droits constitutionnels des Canadiens. Les recommandations que nous faisons en coopération avec d’autres groupes de défense des libertés civiles peuvent nous aider à trouver cet équilibre. » — Stephen Brown, PDG du Conseil national des musulmans canadiens

« Tel qu’écrit, le projet de loi C-26 met en danger la vie privée et les renseignements personnels de tous au Canada. Personne ne devrait avoir à sacrifier ses droits fondamentaux pour les protections de cybersécurité que nous méritons tous. Ces recommandations démontrent que nous pouvons renforcer la cybersécurité tout en défendant les droits et libertés qui nous sont chers. Nous espérons que les députés écouteront attentivement et corrigeront cette législation profondément défaillante. » — Matthew Hatfield, directeur des campagnes, OpenMedia

« Le Canada mérite à la fois la cybersécurité et des protections solides des droits individuels. Nous avons besoin de modifications au projet de loi 26 qui répareront le projet de loi, assurant que la procédure régulière, la transparence, la responsabilité, la surveillance efficace et les droits à la vie privée deviennent des éléments essentiels du cadre de sécurité nationale du Canada. » — Daniel Konikoff, directeur intérimaire, Vie privée, technologie et surveillance, Association canadienne des libertés civiles

« Ce projet de loi impose un partage étendu d’informations avec plusieurs parties à la demande, mais ne prévoit pas les impacts collatéraux sur la vie privée. Bien que les secrets commerciaux soient désignés comme des renseignements confidentiels qui ne peuvent être partagés avec des États étrangers, les renseignements personnels des personnes au Canada ne le sont pas. Il y a une solution évidente à régler. » — Dre Brenda McPhail

« Permettre aux représentants élus ou aux bureaucrates non élus et non responsables le degré de pouvoir que le projet de loi C-26 exerce est une attaque contre la démocratie et un danger clair et immédiat pour la liberté, la vie privée et l’autonomie des Canadiens. » — Sharon Polsky, présidente du Conseil de la vie privée et de l’accès du Canada

Citations du débat de la deuxième lecture à la Chambre des communes :

« Nous avons été très clairs : nos intentions avec ce projet de loi et d’autres sont de protéger ces libertés et la vie privée des Canadiens. Par conséquent, ce sera le thème sous-jacent de notre approche, certainement pour ce projet de loi pendant le processus de comité et dans les jours et semaines à venir. » – Raquel Dancho, députée, ministre fantôme du Parti conservateur à la Sécurité publique [Hansard]

« Nous comptons sur ces services essentiels, et leur protection est importante, mais le projet de loi C-26, tel qu’il est rédigé actuellement, donnerait à la branche exécutive d’immenses pouvoirs étendus. Dans ma lecture du projet de loi, il n’y aurait pas assez de responsabilité et de supervision; il n’y aurait pas assez de mécanismes d’examen pour que le Parlement limite le pouvoir de l’exécutif, et je pense que c’est un point crucial. » – Alastair MacGregor, député, ancien porte-parole du NPD pour la sécurité publique [Hansard]

« J’aimerais profiter de ces derniers instants pour parler des préoccupations exprimées par certains groupes. Le professeur Christopher Parsons de l’Université de Toronto a déclaré que le projet de loi était tellement imparfait que les gouvernements autoritaires du monde entier pourraient l’incourir pour justifier leurs propres lois répressives. C’est une déclaration inquiétante. » – Kristina Michaud, députée, porte-parole du Bloc québécois pour la sécurité publique [Hansard]

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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