L’Association canadienne des libertés civiles condamne fermement l’annonce du gouvernement du Québec selon laquelle il introduira une législation interdisant la prière dans les espaces publics.
Cette mesure alarmante constitue une atteinte claire à la liberté de religion, à la liberté d’expression, à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’association. Ces libertés démocratiques fondamentales sont garanties à la fois par la Charte des droits et libertés de la personne du Québec et par la Charte canadienne des droits et libertés.
Les espaces publics appartiennent à tous, peu importe leurs croyances religieuses. Ces espaces doivent être des lieux où la diversité des croyances, de la culture et de l’identité est à la fois respectée et protégée.
« La liberté d’exprimer ses pensées, opinions et croyances en public, y compris par la prière, est une pierre angulaire de toute société démocratique. Bien que les libertés fondamentales ne soient pas absolues, les Québécois de tous horizons devraient se méfier des restrictions irrationnelles et trop larges à ces libertés démocratiques fondamentales », a déclaré Anaïs Bussieres McNicoll, directrice du Programme des libertés fondamentales à l’Association canadienne des libertés civiles.
Cette attaque contre les libertés religieuses aura un impact disproportionné sur les minorités religieuses, dont plusieurs sont racialisées ou de nouveaux arrivants. Les lois qui censurent sélectivement les pratiques religieuses laissent entendre que certaines communautés sont des citoyens de seconde zone qui ne sont pas les bienvenues dans les espaces publics.
« Réprimer l’expression religieuse pacifique, individuellement ou collectivement, sous couvert de laïcité marginalise non seulement les communautés confessionnelles, mais sape aussi les principes d’inclusion, de dignité et d’égalité », a déclaré Harini Sivalingam, directrice du programme d’égalité à l’Association canadienne des libertés civiles.
Encore une fois, le gouvernement du Québec a l’intention d’utiliser la clause dérogatoire (article 33 de la Charte) pour protéger de l’examen des tribunaux une loi qui viole ouvertement les droits fondamentaux des Québécois.
« Nous sommes profondément préoccupés par la tendance croissante de certains gouvernements à abuser de la clause dérogatoire pour violer des droits et libertés fondamentaux », déclare Howard Sapers, directeur exécutif de l’Association canadienne des libertés civiles.
Si le gouvernement du Québec croit vraiment que ces limites aux droits sont justifiées, il devrait avoir le courage de défendre sa législation devant les tribunaux. Au contraire, elle contournera le dialogue démocratique essentiel dans une société libre et démocratique.
Nous appelons le gouvernement québécois à s’engager à défendre la liberté fondamentale de tous les Québécois et à s’abstenir d’introduire des lois scandaleuses interdisant les prières dans les espaces publics.
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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