Harini Sivalingam, directrice du programme d’égalité à l’Association canadienne des libertés civiles, a fait la déclaration suivante en réaction au projet de loi 94 du Québec – Loi visant à renforcer la laïcité dans le réseau éducatif :

L’Association canadienne des libertés civiles exhorte l’Assemblée nationale du Québec à retirer le projet de loi 94 – Loi visant à renforcer la laïcité dans le réseau éducatif. La CCLA reconnaît la nécessité d’assurer des environnements d’apprentissage et de travail sécuritaires pour les élèves et le personnel. Le projet de loi 94 n’atteint pas cet objectif. Au contraire, cela oblige les gens à choisir entre leur foi et la poursuite de leurs études et de carrières professionnelles.

Le projet de loi 94 perpétue et aggrave les violations nuisibles des libertés civiles existantes en élargissant l’interdiction actuelle de porter des symboles religieux par certains fonctionnaires, incluant les travailleurs de soutien à l’éducation. Si ce projet de loi est adopté, exigerait également que les élèves gardent leur visage découvert lorsqu’ils sont à l’école et reçoivent des services scolaires, y compris les écoles privées et les élèves instruits à la maison recevant des services scolaires. Cela représente une expansion alarmante de la surveillance étatique et constitue une intrusion gouvernementale sans précédent dans la vie privée des étudiants et des familles au Québec. Elle aura un impact disproportionné et discriminatoire sur les femmes ainsi que les communautés raciales, religieuses et immigrantes minoritaires.

Le projet de loi 94 interdirait également les prières visibles dans les écoles. Cette interdiction générale porte une atteinte significative et injustifiée à la liberté religieuse des élèves et du personnel.

La loi proposée invoquerait également les clauses dérogatoires de la Charte du Québec et de la Charte canadienne. Ce faisant, le gouvernement québécois remporte une fois de plus de manière préventive sur les droits humains fondamentaux et les libertés civiles, y compris l’égalité des droits, la liberté d’expression et la liberté de religion. Si le gouvernement du Québec croit vraiment que ces limitations des droits sont justifiées, raisonnables et justifiées, il devrait avoir le courage de défendre sa législation devant les tribunaux. Au contraire, il contourne le dialogue démocratique qui est essentiel dans une société libre et démocratique.

Étant donné la nature manifestement inconstitutionnelle du projet de loi 94, l’Association canadienne des libertés civiles recommande fortement que le projet de loi 94 soit retiré. Si le gouvernement va de l’avant avec le projet de loi 94, nous appelons les députés de l’Assemblée nationale du Québec engagés à défendre leurs droits et libertés de voter contre le projet de loi 94 dans sa forme actuelle. Nous exhortons le gouvernement du Québec à engager des consultations significatives avec les élèves, les parents, les enseignants et les travailleurs de l’éducation, y compris ceux issus de communautés religieuses minoritaires, au sujet de toute future initiative concernant le secteur de l’éducation.

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À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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