OTTAWA — Des rapports indiquent que le ministre de l’Éducation de l’Ontario a publié une note demandant aux éducateurs et au personnel des conseils scolaires d’empêcher toute communication politique ou « clivante » d’être incluse dans les cérémonies de remise des diplômes. L’Association canadienne des libertés civiles (CCLA) est profondément préoccupée par cette limitation majeure des droits d’expression des étudiants, des éducateurs et du personnel — particulièrement dans les établissements dont le but est d’enseigner aux jeunes à penser de façon critique et à s’exprimer librement.

« L’expression ne devrait pas être censurée par les gouvernements, les conseils scolaires ou les écoles uniquement parce qu’elle est de nature politique ou pourrait être perçue comme divisive », a déclaré Anaïs Bussières McNicoll, directrice des libertés fondamentales de la CCLA. « Le discours politique joue un rôle unique dans notre société, permettant aux individus de participer au discours public, d’exprimer leur dissidence et de tenir les détenteurs du pouvoir responsables. Ce sont précisément les compétences et habitudes d’esprit que nous attendons de notre système éducatif. »

« L’éducation publique devrait favoriser, et non restreindre, l’échange libre et respectueux d’idées », a ajouté Bussières McNicoll. « Nous apprenons à nos enfants à questionner, à analyser et à s’exprimer — parce que la pensée critique et l’expression ouverte sont essentielles à la participation démocratique. L’activisme étudiant a longtemps été un moteur du progrès social, allant de la défense de la réduction des frais de scolarité à l’exigence d’actions contre les changements climatiques. »

Le mémo du ministre de l’Éducation expose également l’« attente sans équivoque » du gouvernement selon laquelle toutes les personnes employées dans les systèmes d’éducation financées par des fonds publics s’abstiennent de publier des « propos inappropriés ou désobligeants » sur les réseaux sociaux.

« Bien que la liberté d’expression ne soit pas absolue, ce n’est pas le rôle du ministre de l’Éducation de contrôler l’expression des éducateurs et du personnel hors service », a déclaré Howard Sapers, directeur exécutif de la CCLA. « Les individus ne renoncent pas à leur droit à la liberté d’expression lorsqu’ils choisissent de travailler dans l’éducation financée par des fonds publics. En fait, un système d’éducation sain dépend de professionnels capables de montrer une expression réfléchie, responsable et indépendante. »

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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