L’Association canadienne des libertés civiles exhorte le conseil municipal de Montréal à protéger ses électeurs contre le vol d’identité et de données personnelles. La prise d’empreintes faciales par la police a été interdite dans de nombreuses juridictions américaines et européennes. Montréal a une excellente opportunité d’être un leader mondial en matière de droits numériques. Votre conseil élu devrait décider si, quand et comment une nouvelle surveillance invasive aura lieu dans votre ville.
L’un des droits les plus importants d’un citoyen, à être protégé par son État, est le droit d’être laissé tranquille; le droit d’être un visage dans la foule. La technologie d’empreintes faciales est une anéthamie à cette droite.
Si vous êtes d’accord pour que votre nouveau-né prenne des empreintes digitales à la naissance, que ces empreintes aillent dans une base de données policière à perpétuité, alors vous êtes d’accord avec la reconnaissance faciale, ou technologie de reconnaissance faciale, comme on l’appelle. La police montréalaise peut se dire qu’il s’agit juste de faire du porte-à-porte sur les photos d’arrestation, mais elle sait le contraire. Le problème, c’est que notre identité personnelle devrait être traitée avec dignité et vie privée dans une démocratie constitutionnelle. Le prendre sans notre consentement ni mandat légal est l’opposé de la dignité, de la vie privée et de la liberté.
La loi exige que toute fouille, saisie, dépoussiérage, téléchargement, extraction, collecte et stockage de données biométriques telles que l’ADN ou les empreintes digitales nécessite le respect de lois visant à reconnaître que les données biométriques sont particulièrement personnelles et sensibles, et qu’il doit y avoir une procédure régulière et des garanties appropriées pour régir leur collecte. Mais en ce qui concerne la biométrie faciale, la police partout dans le monde prétend que les mêmes mesures de protection sont inutiles. Pourquoi? La réponse semble varier : la fin justifie les moyens, ou tout le monde le fait, ou bon, ça fait gagner du temps. Ce ne sont pas des raisons impérieuses d’abandonner la procédure régulière ou les libertés civiles.
En dehors du secteur judiciaire, il subsiste encore des questions sur la façon dont les profiteurs privés, les gouvernements et les chercheurs publics peuvent utiliser vos empreintes faciales. Jusqu’à ce que la procrastination législative prenne fin, tant que les protections juridiques nécessaires ne seront pas prêtes à être mises en valeur, il est évident que nous exigeons un moratoire sur l’utilisation de la technologie de reconnaissance faciale à Montréal.
Merci au conseiller Marvin Rotrand et à Abdelhaq Sari, pour votre leadership, pour ce que vous faites pour les Montréalais, comme ma fille et sa grand-mère. Au SPVM, gardez vos empreintes digitales de haute technologie loin des visages de Montréal.
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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