Le 28 septembre 2023, la Cour d’appel de l’Ontario a rendu sa décision dans R c Hafizi, une affaire qui examinait la norme minimale de preuve requise pour que les forces de l’ordre utilisent des techniques de surveillance hautement invasives sur des individus qui ne sont pas la cible réelle de l’enquête, mais qui sont simplement des « personnes connues ».

Les écoutes téléphoniques ont été reconnues par la Cour suprême du Canada comme un type de fouille très intrusif. En permettant à l’État d’enregistrer des conversations privées, les écoutes téléphoniques portent atteinte aux droits à la vie privée au plus haut niveau, et corrent ainsi le risque de violer l’article 8 de la Charte, qui garantit un « droit à la sécurité contre les perquisitions ou saisies déraisonnables ».

Il est depuis longtemps établi qu’il est légal que, pour éviter les violations de la Charte , le seuil pour le déploiement de technologies de surveillance, telles que les écoutes téléphoniques, doit être corrélé au niveau d’intrusion de la vie privée de l’individu. En conséquence, compte tenu de leur nature très intrusive, on pourrait s’attendre à ce que le seuil de déploiement de la technologie d’écoute téléphonique soit élevé. Pourtant, lorsque l’affaire R c Mahal s’est retrouvée devant la Cour d’appel de l’Ontario en 2012, la Cour a abaissé le seuil pour les écoutes téléphoniques pour les « personnes connues », affirmant que la police pouvait obtenir des écoutes téléphoniques sur des personnes qui ne sont pas ciblées dans leurs enquêtes, tant qu’elle croit que cela « pourrait aider » leur enquête principale.

La CCLA estime qu’il s’agit non seulement d’un écart par rapport au précédent établi, mais aussi d’une atteinte aux droits garantis par l’article 8 de la Charte. Dans l’affaire R c Hafizi, la CCLA l’a soutenu, affirmant que la norme de preuve de Mahal — une norme probatoire en jeu dans la présente affaire — viole encore l’article 8 de la Charte. La CCLA a également soutenu que cette norme permettra des atteintes à la vie privée encore plus importantes avec de nouvelles technologies, telles que les outils d’enquête sur l’appareil (ODIT).

Malheureusement, la Cour a décidé de rejeter l’appel et d’appuyer la norme Mahal pour les écoutes téléphoniques.

Lisez ici le fait de CCLA.

Lisez la décision du CSC ici.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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