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TORONTO, Ont. ̶ L’Association canadienne des libertés civiles est déçue que la Cour suprême du Canada permette qu’une évaluation subjective par un expert en reconnaissance des drogues soit utilisée comme preuve sans test de garantie.
La question dans l’affaire devant la SCC dans R. c. Bingley était de savoir si la preuve d’opinion en bord de route d’un DRE, essentiellement des policiers formés à identifier les personnes sous influence de drogues, est recevable comme preuve de culpabilité dans une affaire judiciaire. Ou bien les conclusions du DRE devraient-elles passer par un voir dire Mohan afin qu’un juge puisse évaluer la qualité des preuves et les qualifications du DRE avant que leurs preuves puissent être présentées en audience publique.
Aujourd’hui, la majorité de la cour a statué dans l’affaire R. c. Bingley que la formation et l’expérience d’un DRE font d’eux des experts et que, par conséquent, leurs opinions n’ont généralement pas besoin d’être examinées par un juge avant de pouvoir être présentées comme preuve devant le tribunal.
Les DRE « possèdent sans aucun doute une expertise pour déterminer l’altération liée à la drogue qui dépasse l’expérience et la connaissance du juge », a écrit la majorité dans une décision à 5 contre 2. L’opinion dissidente exprime de sérieuses préoccupations quant à la fiabilité du processus d’évaluation du DRE et ne considérerait pas sa fiabilité comme acquise dans des cas individuels.
La science de l’altération liée à la drogue ou à la marijuana reste encore assez floue. Contrairement à la conduite en état d’ébriété, il n’existe pas de norme scientifique pour déterminer si la capacité d’une personne à conduire un véhicule à moteur est altérée par une drogue ou une combinaison d’alcool et de drogue.
L’Association canadienne des libertés civiles, qui est intervenue dans l’affaire devant la Cour suprême, s’inquiète des dangers de s’appuyer sans critique sur la science nouvelle comme preuve d’expert clé et recevable. Nous avons soutenu que l’admissibilité de l’opinion de la DRE sur la capacité d’une personne à conduire un véhicule est altérée par une drogue ou une combinaison d’alcool et de drogue ne devrait pas être considérée comme preuve d’expert sans avoir d’abord subi une évaluation judiciaire par le biais d’un voir dire Mohan.
« Étant donné la subjectivité inhérente à l’opinion d’un expert en reconnaissance des drogues sur la consommation de drogues par un accusé – nous ne devrions pas considérer une opinion subjective comme une preuve incontestable. Au lieu de cela, nous devrions utiliser la sauvegarde du voir dire Mohan, qui existe précisément pour cette raison – la garantie permet d’évaluer l’admissibilité », affirme Sukanya Pillay, directrice exécutive et conseillère juridique générale de la CCLA.
La majorité a toutefois noté qu’un juge de première instance conserve la discrétion d’exclure des preuves dans un cas donné, en fonction des types de problèmes potentiels que nous avons identifiés, y compris l’incapacité d’un DRE à expliquer comment il/elle a pris la décision, des preuves de partialité, le non-respect de la formation, et la contradiction de l’opinion du DRE par des preuves corporelles ou même celles des témoins.
L’avocat représentant la CCLA était Stuart Zacharias, associé chez Lerners LLP.
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
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