4 décembre 2020

Nous pouvons être à juste titre suffisants au Canada à propos de notre système judiciaire indépendant, reconnu internationalement, contrairement à nos voisins du Sud, où le partisanisme transforme les nominations judiciaires en un cirque politique. Mais une décision récente de la Cour suprême des États-Unis concernant une restriction anti-COVID à New York devrait être humble pour les Canadiens, compte tenu de l’état de notre système juridique. Ce n’est pas tant la décision elle-même, mais le fait que cela ait même eu lieu. Alors que les Américains peuvent et obtiennent effectivement une décision en temps opportun de leurs droits constitutionnels devant leurs tribunaux, les Canadiens n’en ont tout simplement pas.

La semaine dernière, dans le diocèse catholique de Brooklyn c. Cuomo, la Cour suprême des États-Unis a suspendu un décret exécutif de New York semblable aux décrets provinciaux émis chaque semaine au Canada. C’est une grande nouvelle aux États-Unis, les médias se concentrant principalement sur la politique judiciaire – comment les nominations du président Trump changent l’Amérique. Récemment, trois décisions de cette Cour ont été rendues publiques concernant la réglementation de l’État concernant la pandémie, concernant les lieux de culte.

C’est époustouflant pour moi. Au Canada, nous n’avons aucune décision de la Cour suprême du Canada concernant une quelconque réglementation pandémique par quelque niveau de gouvernement. En fait, il se peut que nous n’ayons pas une seule décision d’appel sur une réglementation pandémique, nulle part au Canada. C’est vrai que le la décision américaine susmentionnée était un appel d’injonction, qui avance plus rapidement que les jugements finaux. Mais nous n’avons aucun appel d’injonction canadienne concernant la pandémie en direction d’Ottawa.

Ce quel’on réalise aux États-Unis et dans d’autres pays encore plus litigieux (comme l’Allemagne, la Suède, Israël), c’est une attention juridique plus rigoureuse portée aux droits de la personne. Le bébé n’est pas jeté avec l’eau du bain – il y a beaucoup de respect aux justifications exécutives pour des restrictions proportionnelles et empiriques solides. C’est tout simplement plus démocratique.

À l’échelle mondiale, il y a beaucoup moins de litiges par habitant au Canada, même comparé à nos prédécesseurs coloniaux au Royaume-Uni et en France. C’est ainsi pour diverses raisons, ce qui crée un cercle vicieux de pouvoir gouvernemental sans contrôle. Si l’on sait qu’aucun recours ne peut être trouvé pour un droit, parce qu’il faut trop de temps pour faire passer une affaire devant les tribunaux, alors on est beaucoup moins susceptible d’engager un procès dès le départ. De plus, comme les litiges d’intérêt public sont si rares au Canada, il y a une surveillance inhabituelle exercée sur les parties lorsqu’elles sont lancées en premier lieu.

Par exemple, le maire de Toronto a dénoncé les litiges intentés par notre organisation ainsi qu’une coalition d’activistes et de fournisseurs d’itinérance en avril dernier concernant la mauvaise gestion municipale de l’itinérance. « Je pense que des choses comme ce procès ne le sont pas seulement inutile; C’est improductif, car cela prive le personnel municipal de réagir réellement à la crise pour rédiger plutôt des notes juridiques », a-t-il dit. Maintenant, ça est expert Politique Spin, mais ça‘s aussi Des paroles folles, parce que la Ville a engagé des avocats pour défendre notre cause, pas du personnel du logement!!

La réticence canadienne à faire des vagues juridiques affecte les institutions, les entreprises, et peut-être même les témoins experts trop souvent nécessaires dans ce litige. Trouver un épidémiologiste prêt à témoigner contre une réglementation pandémique m’a rappelé avoir trouvé un technologue prêt à témoigner contre Google, à l’époque où nous étions en litige sur le projet riverain de Quayside. Bonne chance, surtout si vous êtes un petit organisme de bienfaisance comme le nôtre, ou une petite entreprise, sans parler d’un individu.

Mais ne vous méprenez pas. Le principal obstacle à l’ajustement rapidede nos droits constitutionnels est l’administration de la justice au Canada. Les juges et les avocats travaillent très fort. Il n’y a tout simplement pas assez de tribunaux avec assez de juges capables de gérer une question juridique urgente avec un délai raisonnable. Nous ne sommes pas construits comme le système américain, à cause d’une pénurie d’approvisionnement, ce qui renforce une demande tiède. Le résultat est un frein à notre liberté, à notre démocratie.

Après tout, ces tribunaux américains forcent les gouvernements fédéral et tous les gouvernements provinciaux à dépasser un débat exagéré et paresseux sur la vie plutôt que sur la liberté. Si c’était vrai, pourquoi ne pas simplement gouverner comme la Chine, imposer l’assignation à résidence à tous, sans exception? Parce qu’on peut faire mieux au Canada. Nous pouvons utiliser un scalpel, et non un marteau-piqueur, pour imposer des limites nécessaires, proportionnelles et manifestement justifiées à nos libertés constitutionnelles.

Puisque nous ne pouvons pas révolutionner notre système juridique du jour au lendemain pour rendre une justice en temps opportun, il est peut-être temps que le gouvernement fédéral fasse preuve de sa force constitutionnelle pour installer des tribunaux ad hoc en cas d’urgence publique afin que le petit puisse obtenir une audience — s’enrôler avocats, parajuristes et l’industrie riche de l’arbitrage au Canada pour accomplir un service public supplémentaire. Ou, Dieu nous en préserve, les gouvernements pourraient nommer d’urgence suffisamment de juges et de personnel judiciaire, surtout maintenant que les salles d’audience peuvent être remplacées par des audiences en ligne. Appelez cela une gestion d’urgence de nos droits, pour renforcer la confiance du public dans la gouvernance pandémique de plus en plus surchargée au Canada .

Michael Bryant est directeur exécutif de l’Association canadienne des libertés civiles et a été le 35e procureur général de l’Ontario, il admet donc qu’il est en partie responsable.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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