Le 28 mai 2025, l’Association canadienne des libertés civiles s’est jointe à 13 organisations canadiennes de la société civile et à des experts en politiques numériques pour remettre une lettre conjointe aux ministres fédéraux clés, exhortant à une réforme fondamentale de la stratégie canadienne pour l’élaboration des politiques numériques.

La lettre appelle à mettre fin à la pratique du dernier gouvernement qui consistait à condenser la législation numérique en vastes projets de loi omnibus en plusieurs parties, comme le projet de loi C-63, la Loi sur les préjudices en ligne et le projet de loi C-27, qui couvrait la réforme de la vie privée dans le secteur privé et la réglementation de l’IA. Les signataires s’entendent pour dire que le gouvernement doit s’attaquer à des enjeux critiques comme la sécurité en ligne, la vie privée et l’intelligence artificielle, mais estiment que des projets de loi distincts proposés pour réaliser une vision de politique numérique unifiée constituent la meilleure approche pour notre nouveau gouvernement afin de les réglementer.

Les signataires observent qu’une approche fragmentée de la politique numérique canadienne, divisée entre différents organismes gouvernementaux aux mandats et agendas concurrents, a conduit à l’échec des réformes de politique numérique longtemps promises à faire l’objet d’études appropriées, d’amendements appropriés et d’adoption par le Parlement. Les auteurs de la lettre soulignent la récente nomination d’Evan Solomon comme ministre de l’IA et de l’Innovation numérique le 13 mai comme une occasion clé pour le gouvernement de mieux signaler ses priorités et de mettre en œuvre une vision législative plus cohérente.

De nombreux signataires ont engagé le gouvernement tout au long de son examen du contenu illégal en ligne qui a inspiré le projet de loi C-63, notamment par une lettre de 2024 recommandant de diviser le projet de loi, une lettre d’expert de 2023 délimitant les lignes rouges et des recommandations pour une législation potentielle, ainsi que par des soumissions individuelles lors de la consultation gouvernementale de 2021. Beaucoup ont également participé à l’examen du projet de loi C-27 par le comité INDU par le Parlement, formulant des recommandations sur des amendements à la vie privée, des modifications à la réglementation de l’intelligence artificielle, ou les deux. Grâce à cette expérience, les signataires ont observé que le Parlement avait du mal à composer efficacement avec l’un ou l’autre projet de loi. Les propositions controversées attachées aux deux ont submergé les discussions productives, empêchant l’amendement et l’adoption de sections plus substantielles et largement appuyées.

La lettre se conclut par cinq recommandations principales pour la législation future, incluant la répartition de la responsabilité globale de la coordination des politiques numériques à un seul ministère; faire avancer l’agenda politique numérique du Canada par des propositions législatives distinctes; et en priorisant d’abord les domaines de large consensus pour une amélioration législative rapide.

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