La CCLA appuie l’introduction du projet de loi C-22, qui crée un Comité de parlementaires sur la sécurité nationale et le renseignement avec la capacité de surveiller les activités de sécurité et de renseignement classifiées et de faire rapport aux conclusions du premier ministre.

Ce nouveau mécanisme de reddition de comptes est crucial parce qu’à ce jour, il n’y a pas eu de responsabilité proportionnelle accompagnant les larges pouvoirs des États introduits par le projet de loi C-51. Nous notons également que le Comité aura le pouvoir de surveiller les actions de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC). Contrairement à la GRC, au SCRS et au CST, l’ASFC n’a jusqu’à présent fait l’objet d’aucune surveillance, malgré le fait que 14 personnes sont décédées sous sa garde (et celle de ses agences prédécesseures).

Cependant, nous croyons que des parties clés du projet de loi C-22 doivent être examinées avec soin et possiblement modifiées. Premièrement, nous sommes préoccupés par le pouvoir du gouvernement d’arrêter une enquête du Comité, ou de refuser de fournir des informations, lorsqu’elles sont jugées « nuisibles à la sécurité nationale ». Bien que nous reconnaissions que le plus grand secret est parfois nécessaire, cela est particulièrement préoccupant car ces décisions sont finales et ne sont pas soumises à un contrôle judiciaire ni à un autre processus de résolution des différends. Autre inquiétude est le pouvoir du premier ministre de caviarder les rapports du Comité (sans aucune preuve que des caviardages aient été faits), ainsi que les nombreuses catégories d’informations auxquelles le comité ne peut pas avoir accès. De plus, ce devraient être les membres du Comité eux-mêmes — et non le premier ministre — qui choisissent le président du Comité.

Par-dessus tout, il est important de noter que ce mécanisme seul — ainsi que d’autres promesses du programme électoral du Parti libéral — n’annule pas complètement les dommages causés par le projet de loi C-51. Notamment, il n’y a toujours pas d’intention déclarée d’éliminer les nouveaux pouvoirs étendus du gouvernement sur le partage d’informations, ni les changements préoccupants apportés à la Loi sur l’immigration et la protection des réfugiés — deux mesures que nous contestons devant les tribunaux.

Des mécanismes de reddition de comptes robustes et significatifs sont essentiels pour les agences de sécurité et de renseignement. Sans de tels mécanismes, ces agences pourraient porter atteinte aux droits et libertés des individus au Canada, entraînant de graves violations des droits et menaçant simultanément les fondements très démocratiques du Canada. La CCLA s’est battue pour la responsabilité en matière de sécurité nationale dans des soumissions écrites au Comité sénatorial de la sécurité et de la défense nationales, ainsi que dans notre contestation de la Charte contre le projet de loi C-51. Nous nous sommes également exprimés publiquement à plusieurs reprises sur la nécessité de rendre des comptes.

La CCLA surveillera de près le projet de loi C-22 dans son processus législatif cet automne et continuera de lutter contre le projet de loi C-51 devant les tribunaux.

LIENS CLÉS

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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