La Charte canadienne des droits et libertés s’applique-t-elle aux actions des forces de l’ordre lorsqu’elles mènent une enquête à l’extérieur du Canada? C’est la question qui sera soumise à la Cour suprême du Canada le 19 mai 2022 dans l’affaire McGregor c. Sa Majesté la Reine (SCC 39543). Dans cette affaire, le caporal McGregor, membre des Forces armées canadiennes, faisait l’objet d’une enquête par le Service national d’enquête des Forces canadiennes (SNCFC) pour des violations criminelles présumées. Bien que le CFNIS menait l’enquête et ait perquisitionné la résidence du caporal McGregor aux États-Unis (où il était affecté), le mandat de perquisition a été obtenu par une force policière américaine. Le caporal McGregor a soutenu que la fouille violait son droit d’être exempt de fouilles et saisies déraisonnables en vertu de la Charte, mais tant la cour martiale que la Cour d’appel de la cour martiale ont conclu que les protections de la Charte ne s’appliquaient pas à l’extérieur du Canada, dans les circonstances de l’affaire McGregor. Les deux décisions reposent en grande partie sur la décision de la Cour suprême du Canada dans R. c. Hape.

La CCLA est intervenue dans l’affaire McGregor pour soutenir que la Charte pourrait avoir une application extraterritoriale et que la décision de la Cour suprême dans l’affaire Hape (ainsi que l’indépendance de la Cour d’appel de la cour martiale) était erronée. La CCLA a soutenu que refuser l’application de la Charte à l’extérieur du Canada a créé un écart en matière de droits de la personne, est incompatible avec le droit international coutumier et le droit international des droits de la personne, et accorde à tort un droit de veto aux États étrangers sur la portée de la Charte lorsque des responsables canadiens opèrent à l’étranger. Lorsque des fonctionnaires canadiens enquêtent sur des allégations criminelles, les protections de la Charte et les garanties de procédure régulière devraient s’appliquer même si l’enquête elle-même se déroule à l’extérieur du Canada. Cette approche est plus cohérente avec une compréhension large des protections des droits humains.

La Cour suprême entendra l’affaire le 19 mai 2022. La CCLA remercie son excellent avocat pro bono, Leah West et Solomon Friedman du cabinet Friedman Mansour LLP à Ottawa. Le fait de la CCLA est disponible ici.

Une diffusion en direct de l’audience sera disponible ici.

À propos de l’Association canadienne des libertés civiles

La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.

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