Dans une décision rendue aujourd’hui dans R c Reeves, la Cour suprême a statué que chaque Canadien a une attente raisonnable de confidentialité dans son ordinateur, même s’il le partage avec d’autres, en vertu de l’article 8 de la Charte. Cette décision est une grande victoire pour les droits à la vie privée des citoyens. Elle élargit la protection des ordinateurs personnels dans le cadre Vu en exigeant un mandat pour fouiller un ordinateur même si le copropriétaire partageant la propriété et le contrôle ont consenti à la fouille.
L’affaire portait sur de la pornographie juvénile trouvée sur un ordinateur personnel partagé entre l’accusé, Thomas Reeves, et son conjoint. Son conjoint a consenti à ce que la police entre dans la maison et prenne l’ordinateur de l’espace partagé. À ce moment-là, l’agent n’avait aucun mandat. À la Cour suprême, la question clé était de savoir si l’agent de police pouvait compter sur le consentement du conjoint de Reeves pour prendre l’ordinateur partagé de leur domicile.
Le juge de l’audience initiale a conclu que la police avait porté atteinte aux droits de la Charte de Reeves et exclu les preuves de pornographie juvénile en vertu de l’article 24(2), ce qui a conduit à un acquittement. La Cour d’appel a infirmé cette décision, autorisant la preuve et ordonnant un nouveau procès. La Cour suprême a donné raison au juge d’audience, excluant les preuves et rétablissant l’acquittement.
Depuis l’aube de l’ère numérique, la Cour suprême cherche à rattraper son retard pour appliquer l’article 8 à la fouille et à la saisie d’ordinateurs et de téléphones cellulaires. Ces dispositifs contiennent des trésors d’informations sensibles que nous souhaitons garder cachées aux regards indiscrets de l’État. Dans R c Vu, le juge Cromwell a déclaré que « les intérêts en matière de vie privée impliqués par les fouilles informatiques sont nettement différents de ceux en jeu lors des fouilles de réceptacles tels que les armoires et les classeurs. » Après la Vu, les agents des forces de l’ordre ont maintenant besoin d’une autorisation judiciaire préalable (comme un mandat de perquisition) pour saisir et fouiller un ordinateur personnel.
Reeves peut être considéré comme une extension de Vu, en ce qu’il accorde cette protection non seulement à l’ordinateur du demandeur, mais aussi à un ordinateur dont l’usage est partagé. La décision est également informée par Marakah, qui a conclu qu’une perte involontaire de contrôle de l’appareil n’élimine pas l’attente de vie privée. Reeves était en détention et ne pouvait pas entrer chez lui au moment où les enquêteurs ont saisi son ordinateur.
Alors que la condamnation de Reeves portait uniquement sur la question de la saisie de son ordinateur, un autre point soulevé dans cet appel concernait l’entrée de la police dans une résidence partagée par M. Reeves et son conjoint. Bien que la majorité ait refusé d’aborder cette question ici, les juges Moldaver et Côté ont donné des avis divergents sur le moment où il est approprié pour les policiers d’entrer et de fouiller les espaces communs d’une résidence lorsqu’un seul résident dans un logement partagé a donné son consentement.
On s’attend à ce que cette question soit traitée dans l’affaire R c Le – une décision à venir dans laquelle la CCLA est intervenante. Nous avons aussi récemment comparu devant la Cour suprême dans l’affaire R c Mills, défendant le droit à la vie privée des citoyens canadiens dans des conversations électroniques en tête-à-tête. La CCLA attend avec impatience la décision de la cour dans ces deux jugements alors que nous continuons de lutter pour la protection de la vie privée des Canadiens, tant dans les espaces physiques que numériques.
Boursier
stagiaire Teddy Weinstein
tweinstein@ccla.org
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