Qu’est-ce qu’on veut? Lois sur la vie privée plus strictes. Quand est-ce qu’on les veut? MAINTENANT. Il est devenu courant de commencer tous les commentaires sur les lois sur la vie privée au Canada par un avertissement que la modernisation est impérative. Ce n’est pas banal, c’est vrai. À mesure que l’intelligence artificielle et les applications d’apprentissage automatique consomment de plus en plus de données pour permettre à ceux qui utilisent ces outils d’analyser, de prédire et, ultimement, d’influencer le comportement humain, protéger et contrôler la façon dont l’information nous concerne devient plus important et plus difficile. C’est dans ce contexte que la CCLA a accueilli favorablement l’occasion de participer avec des soumissions écrites à l’examen par la Colombie-Britannique de leur loi sur la vie privée du secteur privé, la Loi sur la protection des renseignements personnels. De nombreux résidents de la Colombie-Britannique (et partout au Canada) menaient des vies où les transactions et interactions en ligne faisaient partie intégrante du quotidien avant l’arrivée de la COVID-19. Aujourd’hui, en période de pandémie, nos interactions avec les entreprises sont encore plus susceptibles d’être médiatisées par des systèmes qui recueillent plus d’informations que nous ne le pensons, pour des raisons qui ne sont pas claires et avec des conséquences difficiles à anticiper pour les individus. Mais ce n’est pas seulement une question de magasins et de magasinage. Notre système éducatif pourrait s’appuyer sur des fournisseurs du secteur privé pour les plateformes en ligne. Nos médecins peuvent utiliser des applications basées sur des fournisseurs pour nos rendez-vous médicaux. Nos représentants politiques utilisent les mêmes types d’analyses de big data que nos assureurs et nos détaillants. La réforme des lois sur la vie privée n’est pas une priorité pour la plupart d’entre nous, mais elle est parmi les plus hautes de ce que nos gouvernements peuvent faire pour s’assurer que les résidents puissent faire confiance aux systèmes dont nous avons besoin, maintenant et à l’avenir. Les soumissions de la CCLA comprenaient les éléments suivants :
- La vie privée devrait être reconnue formellement dans la législation comme un droit humain qu’elle est, essentiel à la dignité, à l’autonomie, et fondamental à l’ère numérique pour faciliter d’autres droits, y compris la liberté d’expression et l’égalité.
- Les données biométriques (comme nos visages, empreintes digitales, iris, allures et ADN) sont intrinsèquement sensibles et doivent être protégées explicitement et efficacement.
- Quand des outils d’IA sont utilisés pour prendre des décisions concernant les gens, ils méritent de savoir que cela se passe — et aucune décision concernant les humains ne devrait être prise uniquement par un algorithme.
- La désidentification est un processus utilisé pour retirer des renseignements personnels des ensembles de données afin de protéger la vie privée, et parfois, lorsque des données sont désidentifiées, les entreprises affirment que cela signifie que la loi sur la vie privée ne s’applique plus parce que ce ne sont plus des informations personnelles. Cependant, non seulement la recherche montre de plus en plus que la désidentification n’est pas efficace à 100%, mais l’information dans ces ensembles de données nous concerne toujours, que nos noms soient attachés ou non. Cela signifie que nous devrions avoir notre mot à dire sur la collecte et la façon dont elle est utilisée. La loi sur la vie privée doit s’appliquer aux données désidentifiées.
- Les travailleurs ont besoin d’une meilleure protection de la vie privée.
- Les jeunes ont besoin d’une protection explicite de la vie privée.
Le Québec, l’Ontario et le gouvernement fédéral travaillent tous sur de nouvelles lois sur la vie privée ou le feront bientôt aussi. La Colombie-Britannique est à l’avant-point, et leur examen est une occasion opportune de s’assurer que les lois permettant aux résidents de la C.-B. de faire leurs affaires en ligne protègent adéquatement le droit à la vie privée. Nos soumissions à ce processus important sont l’une des façons dont la CCLA plaide pour des lois sur la vie privée plus fortes et plus efficaces, alors que les gouvernements à travers le Canada commencent à composer avec la nécessité urgente d’offrir des protections efficaces pour tous.
À propos de l’Association canadienne des libertés civiles
La CCLA est une organisation indépendante à but non lucratif avec des partisans de partout au pays. Fondée en 1964, la CCLA est une organisation nationale de défense des droits humains engagée à défendre les droits, la dignité, la sécurité et les libertés de toutes les personnes au Canada.
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