Un nouveau sondage national réalisé par IPSOS à la demande de l'Association pour la liberté d'information et la protection de la vie privée de la Colombie-Britannique (FIPA), de l'Association canadienne des libertés civiles (ACLC), du Centre for Digital Rights (CDR) et d'OpenMedia révèle que les Canadiens rejettent le statu quo qui permet aux partis politiques fédéraux de fixer leurs propres règles.

Ce sondage, mené auprès de 2 000 personnes, a révélé que les partis politiques fédéraux sont les institutions qui inspirent le moins confiance parmi toutes celles évaluées : seulement 33% des personnes interrogées leur font confiance, dans une certaine mesure, pour protéger leurs données personnelles, tandis que 60% n'ont que peu ou pas confiance du tout. Le sondage a mis en évidence un soutien très marqué en faveur de la mise en place de règles relatives à la protection de la vie privée, notamment :

  • 80% estiment que les partis politiques fédéraux devraient se conformer aux mêmes règles en matière de protection de la vie privée que les entreprises et les organismes du secteur public ;
  • 84% affirment que les personnes devraient avoir le droit d'accéder aux informations personnelles les concernant détenues par des tiers ;
  • 85% soutenir le droit de demander la rectification ou la suppression des informations détenues par des tiers ;
  • 83% souhaitent que des sanctions sévères soient infligées lorsque des parties utilisent les données de manière abusive ou enfreignent la réglementation en la matière ;
  • Tout simplement 10% soutenir l'autorégulation des partis, ce qui correspond au statu quo de facto.

Ces résultats contrastent fortement avec les récentes initiatives prises par les principaux partis politiques fédéraux pour échapper à tout contrôle effectif de leurs activités. Ces initiatives ont notamment consisté à intenter des recours judiciaires et à faire adopter de force des lois qui les soustraient de fait à toute protection effective de la vie privée.

La FIPA, la CCLA, le CDR et OpenMedia lancent aujourd'hui une campagne commune sur voterprivacy.ca appelant les citoyens à signer la pétition adressée à la Chambre des communes e-7237, qui demande au Parlement d'imposer aux partis politiques fédéraux des obligations contraignantes en matière de protection de la vie privée — notamment des droits d'accès effectifs et un contrôle indépendant — avant les prochaines élections fédérales.

 Citations de membres de la coalition

“ Les Canadiens se sont clairement exprimés : ils ne font pas confiance aux partis politiques pour la gestion de leurs données personnelles sans véritable contrôle externe ni règles précises ”, a déclaré Matt Hatfield, directeur exécutif d’OpenMedia. “ Les chiffres ne laissent aucun doute à ce sujet. Il est temps que le Parlement cesse de prendre des décisions qui servent ses propres intérêts et commence à protéger les électeurs. ”

Mike Larsen, président de la FIPA, a déclaré : “ Ce sondage montre que les Canadiens estiment que les partis politiques fédéraux ne devraient pas être autorisés à fonctionner selon des règles de protection de la vie privée moins strictes que celles qui s'appliquent à tout le monde. Les citoyens s'attendent à un traitement égal devant la loi, à des droits concrets sur leurs données personnelles et à un contrôle indépendant lorsque ces attentes ne sont pas satisfaites. ”

M. Larsen a ajouté : “ Les résultats révèlent également un manque de connaissance inquiétant au sein de la population. De nombreux Canadiens savent que les partis politiques collectent et utilisent des données à caractère personnel, mais ils ne se rendent pas encore compte à quel point leurs droits sont limités une fois que ces informations sont entre les mains des partis. Lorsque les gens prennent conscience de cette lacune, le soutien en faveur d’une réforme est fort. ”

“ À l’ère des campagnes électorales axées sur les données, la vie privée des citoyens n’a jamais été autant menacée, les partis politiques étant poussés à collecter des données et à utiliser des outils de plus en plus intrusifs dans une course vers le bas ”, a déclaré Howard Sapers, directeur général de l’Association canadienne des libertés civiles. “ Pourtant, nos principaux partis politiques fédéraux ont systématiquement évité de respecter les normes minimales en matière de protection de la vie privée – voire toute règle en la matière –, ce qui fait que le Canada prend de plus en plus de retard par rapport à ses homologues en matière de protection de la vie privée des électeurs. “

À propos du sondage

Ce sont là les résultats d’un sondage Ipsos réalisé entre le 7 et le 8 avril 2026. Ces données ont été pondérées statistiquement en fonction de la région, de l’âge, du sexe et du niveau d’études afin de garantir que la composition de l’échantillon reflète celle de la population canadienne réelle, selon les données du recensement. La précision des sondages Ipsos contenant des données en ligne est mesurée à l’aide d’un intervalle de crédibilité. Dans le cas présent, le sondage global présente une marge d’erreur de +/- 2,7 points de pourcentage, 19 fois sur 20, si l’ensemble des résidents canadiens adultes avait été interrogé. L’intervalle de crédibilité sera plus large pour les sous-ensembles de la population. Tous les sondages par échantillonnage peuvent être sujets à d’autres sources d’erreur, notamment, mais sans s’y limiter, les erreurs de couverture et les erreurs de mesure.

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