TORONTO — L'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) comparaît aujourd'hui devant le tribunal en tant qu'intervenante afin de défendre les droits des personnes sans domicile fixe vivant dans des campements à Waterloo, en Ontario.
La municipalité régionale de Waterloo demande au tribunal de déclarer que son règlement municipal, qui s'applique spécifiquement à certains sites et autorise l'expulsion des occupants des campements, est constitutionnel.
Les personnes sans domicile fixe sont des titulaires de droits et les pouvoirs publics doivent les traiter comme telles. L'intervention de la CCLA s'oppose aux mesures municipales prises à l'encontre des campements qui ne respectent pas les obligations du Canada en matière de droits de l'homme.
“ Le droit à la dignité, à la sécurité et à l’égalité ne disparaît pas lorsqu’une personne se retrouve sans domicile ”, a déclaré Howard Sapers, directeur général de la CCLA. “ Les pouvoirs publics doivent veiller à ce que leurs interventions face aux campements respectent les droits et préservent la dignité, l’autonomie et les réalités de vie des personnes en situation d’itinérance. ”
Les avocats de la CCLA feront valoir que la loi sur la stratégie nationale du logement intègre l'engagement international du Canada en faveur d'un logement adéquat en tant que droit humain fondamental. Les décisions gouvernementales ayant une incidence sur un campement doivent respecter les principes d'équité procédurale, prévoir une consultation significative des résidents et garantir l'accès à des voies de recours efficaces.
“ Les personnes sans domicile fixe comptent parmi les plus vulnérables de notre société ; elles sont souvent issues de communautés déjà marginalisées ”, a déclaré Harini Sivalingam, directrice du programme pour l’égalité à la CCLA. “ Expulser les résidents des campements sans consultation significative ni solution de relogement ne résout pas la crise — cela ne fait qu’aggraver le préjudice déjà causé aux membres les plus vulnérables de notre communauté. ”
La CCLA fera valoir que l'article 7 de la Charte canadienne des droits et libertés — qui protège la vie, la liberté et la sécurité de la personne — impose aux tribunaux d'évaluer rigoureusement si les autres solutions d'hébergement sont véritablement adéquates, accessibles et sûres pour chaque individu. Cela implique de prendre en compte la situation personnelle, le parcours de vie et les identités croisées.
Cette intervention s'appuie également sur la récente décision de la Cour suprême du Canada dans l'affaire Kanyinda, qui a confirmé que les tribunaux doivent adopter une approche intersectionnelle en matière de droits à l'égalité — en reconnaissant que l'itinérance touche plus durement les personnes déjà confrontées à des formes de désavantage qui se recoupent.
La CCLA tient à remercier Kristen Allen et Simone Truemner-Caron, du cabinet Ursel Phillips Fellows Hopkinson LLP, pour l'excellente représentation qu'elles ont assurée à titre gracieux.
Lisez le factum de l’ACLC (arguments juridiques écrits) ici.
À propos de l’association canadienne sur les libertés civiles
L’ACLC est un organisme indépendant à but non lucratif qui compte des sympathisant.e.s dans tout le pays. Fondé en 1964, c’est un organisme qui œuvre à l’échelle du Canada à la protection des droits et des libertés civiles de toute sa population.
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