L'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) a reçu l'autorisation d'intervenir dans l'affaire des Saskatchewan (Ministre de l'éducation) c. UR Pride Centre for Sexuality and Gender Diversity, une affaire historique portée devant la Cour suprême du Canada qui déterminera si les tribunaux conservent la compétence de déclarer chartes les violations des droits qui surviennent lorsqu'un gouvernement passe outre aux droits et libertés fondamentaux en recourant à la clause dérogatoire.

Cette affaire trouve son origine dans la loi adoptée en 2023 par la Saskatchewan, qui exige le consentement parental avant que le personnel scolaire puisse utiliser le prénom ou les pronoms de prédilection d’un élève de moins de 16 ans à l’école. L’UR Pride Centre for Sexuality and Gender Diversity a contesté cette loi, estimant qu’elle constituait une violation des droits des élèves’ chartes droits. En réponse, le gouvernement de la Saskatchewan a invoqué la clause dérogatoire et a fait valoir que cette mesure permettait non seulement d’empêcher l’annulation de la loi, mais aussi de priver les tribunaux de la compétence nécessaire pour déterminer si cette loi violait les droits garantis par la Charte. La Cour d’appel de la Saskatchewan a rejeté cette position, affirmant que les tribunaux pouvaient toujours déclarer des violations de la Charte. Le gouvernement de la Saskatchewan a désormais interjeté appel de cette décision devant la Cour suprême du Canada.

La CCLA interviendra dans cette affaire afin d’établir un cadre de référence fondé sur des principes permettant de comprendre la portée et les limites appropriées de la clause dérogatoire dans l’ordre constitutionnel canadien. La CCLA fera valoir que l’article 33 n’empêche pas les tribunaux de se prononcer sur les questions relatives aux droits constitutionnels. Bien que la clause dérogatoire puisse permettre aux gouvernements de passer temporairement outre à certaines chartes Ces protections n’empêchent toutefois pas le pouvoir judiciaire de remplir son rôle constitutionnel fondamental, qui consiste à identifier et à dénoncer les violations des droits. Il est d’une importance capitale de trancher cette question, tant pour les jeunes de tous genres directement concernés par la loi de la Saskatchewan que pour l’ensemble des Canadiens, qui ont le droit de savoir quand leur gouvernement a violé et bafoué leurs droits.

“ À l’heure où l’on constate que l’article 33 est invoqué de plus en plus souvent pour porter atteinte aux droits des minorités, il est plus important que jamais que les tribunaux nous fournissent des orientations claires ”, a déclaré Aaden Pearson, chargé de mission juridique pour les droits des personnes trans et avocat au sein de la CCLA. “ Un cadre fondé sur des principes pour l’article 33 ne constitue pas une atteinte à la souveraineté législative, c’est le minimum requis pour garantir la responsabilité des gouvernements. ”

La CCLA tient à exprimer sa gratitude pour l'exceptionnel pro bono au nom de Dan Leblanc et Leif Jensen, du cabinet Leblanc Jensen.

À propos de l’association canadienne sur les libertés civiles

L’ACLC est un organisme indépendant à but non lucratif qui compte des sympathisant.e.s dans tout le pays. Fondé en 1964, c’est un organisme qui œuvre à l’échelle du Canada à la protection des droits et des libertés civiles de toute sa population.

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