L'Association canadienne des libertés civiles exhorte la Chambre des communes à adopter les amendements apportés par le Sénat au projet de loi C-14.
Shakir Rahim, directeur du programme de justice pénale, a déclaré : “ Le projet de loi C-14 facilite la détention des personnes présumées innocentes avant leur procès, et ce sont les communautés autochtones, racialisées et à faibles revenus qui en subiront le plus les conséquences. Les amendements du Sénat n'élimineront pas ces préjudices, mais ils les atténueront et permettront de disposer de données plus solides pour l'élaboration des politiques futures. ”
Trois amendements proposés par la CCLA et d'autres associations ont été adoptés par le Sénat :
- Une disposition de « soupape de sécurité » concernant la nouvelle interdiction visant les cautions ayant été condamnées pour une infraction punissable par mise en accusation au cours des dix dernières années. Cela permettrait de garantir que, lorsqu’une personne s’est réhabilitée, un juge puisse exercer son pouvoir discrétionnaire au cas par cas pour la désigner comme caution. Cela revêt une importance particulière dans les communautés du Nord ou isolées, où il peut être difficile de trouver une autre caution appropriée.
- L'obligation pour un juge de demander aux parties si elles ont pris en considération l'article 493.2 de la Code criminel lorsqu'ils rendent une ordonnance de mise en liberté sous caution. L'article 493.2 impose aux juges de prendre en considération la situation des groupes vulnérables surreprésentés dans le système pénal, notamment les personnes autochtones.
- Renforcement des nouvelles obligations de déclaration annuelles relatives au système de mise en liberté sous caution à l'intention du ministre de la Justice. Cet amendement impose la communication de données sur les taux de détention provisoire, la coordination avec Statistique Canada concernant les données relatives à la mise en liberté sous caution, ainsi que la consultation de personnes et d'organisations possédant une expertise spécifique en matière de collecte de données sur le système de justice pénale.
Howard Sapers, directeur exécutif, a ajouté : “ La CCLA reste profondément préoccupée par le projet de loi C-14, notamment en ce qui concerne les nouvelles dispositions relatives au renversement de la charge de la preuve qui s'appliquent aux délinquants non violents condamnés pour la première fois et qui figurent toujours dans le texte de loi. ”
Le mémoire écrit de la CCLA adressé à la commission sénatoriale des affaires juridiques et constitutionnelles peut être consulté ici.



