L'Association canadienne des libertés civiles (ACLC) s'est jointe à la société civile pour présenter une lettre (FR) présenté aujourd’hui à la commission permanente de la Chambre des députés chargée de la sécurité publique et de la sécurité nationale (SECU), et soutenu par plus de 75 organisations de la société civile et particuliers, appelle le gouvernement à retirer les éléments problématiques du projet de loi C-22, le Loi sur l'accès légal.

La lettre souligne que le projet de loi C-22 constitue “ l'atteinte la plus grave aux droits à la vie privée des Canadiens de l'histoire moderne ” et mettra en danger la cybersécurité de tous les Canadiens.

Cela ouvre la voie à l'adoption d'accords internationaux visant à élargir le partage d'informations avec les États-Unis et autres pays qui ont fait preuve, de manière avérée, d'une politique de répression à l'égard des communautés de la diaspora grâce aux outils de coopération policière internationale. Cet élargissement du partage d'informations intervient à un moment où la répression transnationale est en hausse, alors que le cadre mis en place par le Canada pour prévenir les abus dans le cadre des interventions policières transfrontalières est qui ne répond plus aux besoins.

La lettre soulève également de sérieuses préoccupations concernant la partie 2 du projet de loi C-22, qui viserait à mettre en vigueur la Soutien à la loi sur l'accès autorisé à l'information (SAAIA), un dispositif qui permettrait au gouvernement d'obliger les fournisseurs de services numériques à intégrer de nouveaux outils de surveillance dans leurs services. La loi SAAIA est extrêmement intrusive et soulève d'importantes préoccupations en matière de cybersécurité, car les accès qu'elle ouvre aux services numériques — destinés à être utilisés légalement par la police et les agences de sécurité nationale dans le cadre de leurs missions — peuvent être compromis par des acteurs malveillants.

Cela fait à peine un an que Salt Typhoon, un acteur malveillant persistant lié au ministère chinois de la Sécurité d'État, a compromis des fournisseurs d'accès à Internet américains et, une fois infiltré dans ces réseaux, s'est emparé d'une porte dérobée de surveillance imposée par le gouvernement pour mener des activités d'espionnage intrusives. Si la loi SAAIA est adoptée, elle permettra au gouvernement d'imposer des « portes dérobées » similaires dans un large éventail de services numériques, ce qui compromettra la cybersécurité de tous.

La CCLA a mis l'accent sur plusieurs de ces thèmes centraux dans son témoignage hier, devant la commission permanente de la Chambre chargée de la sécurité publique et de la sécurité nationale (SECU).

Compte tenu des multiples façons dont la vie privée et la sécurité des services numériques peuvent être compromises, la loi SAAIA confère au gouvernement un pouvoir considérable sans pour autant garantir que cet outil ne fera pas l'objet d'abus. Dans son témoignage, la CCLA a souligné que la loi SAAIA créait une « tempête parfaite » caractérisée par des pouvoirs illimités, des garanties souples et un cadre de contrôle permissif mais opaque.

Il a conclu que la SAAIA et les autres dispositions problématiques du projet de loi C-22 devaient être retirées, car il est peu probable qu'elles puissent être corrigées de manière efficace compte tenu de la procédure législative précipitée que le gouvernement impose à cette proposition.

La lettre de la société civile, qui a été envoyé initialement au gouvernement le 21 avril, mais dont l'adhésion restait ouverte, a désormais été signée ou approuvée par d'importantes organisations de la société civile, notamment Access Now, Amnesty International (section canadienne), la British Columbia Civil Liberties Association (BCCLA), le Canadian Anti-Monopoly Project (CAMP), l’Association canadienne des professeurs d’université (ACPU), le Conseil canadien pour les réfugiés (CCR), le Conseil canadien des affaires publiques musulmanes (CMPAC), le Centre pour la liberté d’expression (CFE), la Clinique pour la justice migratoire, le Collectif de justice communautaire, le Groupe international de surveillance des libertés civiles, la Ligue des droits et libertés, l’Alliance des travailleurs migrants pour le changement, l’OCASI – Conseil ontarien des organismes au service des immigrants, OpenMedia, le Conseil des Canadiens pour la protection de la vie privée et l’accès à l’information (PACC), le Réseau Koumbit, la Clinique Samuelson-Glushko sur les politiques Internet et l’intérêt public (CIPPIC), Technologists for Democracy et la Tech Workers Coalition Canada.

Cette lettre a également été signée par plusieurs experts de renom, parmi lesquels Safiyya Ahmad, Noura Aljizawi, Steven Anderson, Brent Arnold, Jane Bailey, Alejandro Mayoral Banos, Colin Bennett, Andrew Clement, Cory Doctorow, Ron Deibert, Lex Gill, Pantea Jafari, Michael Karanicolas, Kate Robertson, Teresa Scassa, Rowen Shane et bien d’autres encore.

Lire la lettre dans français ou Anglais.

Lire le rapport de la CCLA témoignage à la SECU.

Lisez le guide explicatif de la CCLA sur échange transfrontalier d'informations avec les États-Unis.

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